Veerle Hegge, l'épouse de Bart De Wever, raconte son combat contre l'anorexie : "Tu peux mourir à tout moment"
Après six mois d'hospitalisation, Veerle Hegge lève le voile sur son anorexie et brise le silence autour des troubles alimentaires.
- Publié le 20-09-2025 à 10h56

Veerle Hegge, l'épouse du Premier ministre Bart De Wever, se livre pour la première fois sur son long combat contre l'anorexie dans son livre publié ce week-end "De Stem van mijn Stilte" (que l'on peut traduire par "La voix de mon silence"). Dans une interview accordée à Het Laatste Nieuws, elle raconte les moments les plus sombres de sa vie et le courage qu'il lui a fallu pour se relever.
Son anorexie a atteint un point critique en 2024. Initialement prévue pour quelques semaines, son hospitalisation à la clinique Eetherstel à Tienen a duré six mois. "Je me suis fait hospitaliser en juin 2024 et je pensais : quelques semaines suffiront. Je suis finalement restée jusqu'en décembre", confie-t-elle.
"Cela peut mal tourner à tout moment"
La plupart de ses co-patientes étaient des adolescentes, un contraste difficile mais finalement bénéfique. "Elles auraient pu être mes enfants. Ce que j'ai trouvé plus compliqué, ce sont les discussions de groupe, souvent très éloignées de mon expérience. Plus tard, j'ai intégré un groupe où se trouvait aussi une femme de mon âge, avec deux filles. Cela m'a beaucoup aidée."
Le danger était immédiat : ses valeurs de potassium étaient dangereusement basses, la mettant à deux jours de la mort. "En soins intensifs, le médecin-chef est venu me voir : 'Nous devons parler.' C'était le 24 juin, sept jours avant mon hospitalisation. Mais je ne réalisais toujours pas la gravité. Le lendemain, j'étais encore devant ma classe. Et le soir même, le médecin m'a dit : 'Tu peux mourir à tout moment.' Et je ne l'avais toujours pas compris."
Des blessures du passé
Son anorexie a commencé il y a deux ans, apparemment après avoir suivi le régime de son mari : "Bart a commencé un régime, et j'ai pensé : allez, je le fais aussi." Mais la maladie s'est rapidement enracinée, exploitant des blessures profondes non résolues. Pendant sa thérapie, elle a confronté l'abus sexuel subi dans son enfance : "J'ai longtemps gardé le silence sur ces abus, bien trop longtemps, et c'est que mon corps a pris le relais."
Pendant sa maladie, elle a dû jongler entre traitement et rôle de mère, tout en soutenant son mari dans ses fonctions politiques. "Bart et moi ne sommes pas toujours un couple de beaucoup de mots, mais nous sommes là l'un pour l'autre et cela donne un bon sentiment. Et ce sentiment est toujours là."
Un message d'espoir
Aujourd'hui, elle progresse, mais la guérison reste un chemin long et exigeant. "Je ne suis pas encore au bout. Manger des frites sans culpabilité, ça prendra encore du temps", explique-t-elle.
Veerle Hegge espère que son livre aidera à lever le tabou autour de cette maladie : "Plus quelque chose reste tabou, plus la solitude est grande, et plus l'anorexie peut s'installer." Elle conclut néanmoins par un message d'espoir : "Qu'ils soient indulgents envers eux-mêmes. Que ce soit un parcours de chutes et de reprises. Et alors, cela finira par aller. Je pense."
