Festival En Vogue : plongée dans les danses urbaines, clubbing et post-internet
Du 6 au 21 novembre, Charleroi danse présente 13 spectacles de danse nés en dehors des normes ainsi que des battles, des workshops…

- Publié le 06-11-2026 à 12h56
- Mis à jour le 06-11-2026 à 12h57

Après une première édition en février 2025, le festival En Vogue de Charleroi danse revient en automne cette fois, du 6 au 21 novembre. Au programme ? Treize spectacles nés dans l'univers des danses urbaines, hip-hop, clubbing et post-internet mais aussi des battles (avec la Yuka Dance Company), performances, workshops (atelier sur la tonicité de la joie dans la création ; découverte du krump), etc.
"Ces artistes, ces projets sont comme un miroir tendu vers notre époque, décrit Fabienne Aucant, directrice générale et artistique de Charleroi danse. Chaque projet a un contenu social, politique… ne serait-ce que par l'existence de ces danses qui ont émergé en dehors de l'institution, en dehors de l'école de danse. Ce sont aussi des parcours d'artiste et de vie. C'est une façon de lutter contre des inégalités sociales, d'exister".
Et de citer le spectacle XXL (13/11) du chorégraphe et danseur Sofiane Chalal, qui interroge les normes du corps dansant. Ou encore l'installation-performance Hiku (7 et 8/11) d'Éric Minh Cuong Castaing et Anne-Sophie Turion dans laquelle ils imaginent un espace de rencontre avec trois personnes ayant vécu une expérience hikikomori − les hikikomori sont des personnes vivant recluses au Japon, parfois pendant des années. Quant à la chorégraphe brésilienne Alice Ripoll, elle se demande dans Adorno (21/11) comment se construire une identité à l'ère de l'omniprésence des réseaux sociaux.

"Faire exploser les carcans"
De grands noms de la création contemporaine seront aussi présents : le collectif (LA) HORDE, pionnier de la danse post-internet (ces danses issues des vidéos partagées sur les réseaux sociaux), avec leur nouvelle pièce pour le Ballet national de Marseille, Après moi, le déluge (6, 7 et 8/11), un conte qui met en scène un monde empêtré dans les crises et suggère comment le soigner, et Boy Blue, compagnie historique de l'Est londonien, avec Cycles (12/11), un ensemble magnétique qui mêle fluidité et groove, faisant vibrer les singularités du hip-hop britannique.
"En Vogue a aussi pour objectif de montrer à quel point la danse réussit à intégrer de manière très créative et très intéressante ce qui se passe sur les réseaux sociaux, reprend Fabienne Aucant. Les réseaux sociaux sont vraiment une nouvelle scène pour la danse. Et ces nouveaux gestes, ces nouvelles manières de bouger rejaillissent sur les danseurs et chorégraphes contemporains". "C'est donc cela aussi, continue-t-elle, que nous voulons mettre en valeur : ces artistes qui viennent des marges, de la rue, de la boîte de nuit, de leur chambre peut-être aussi, et se développent en tant que danseurs en dehors des réseaux institutionnels, avec plus de diversité au plateau, plus de multiculturalisme. En Vogue, c'est donc aussi un festival pour faire exploser les carcans".
→ Du 6 au 21 novembre, à Charleroi et La Louvière. Infos et rés. sur charleroi-danse.be