Les prix du gaz devraient revenir à un niveau normal... aux environs de 2025
L'idée selon laquelle la crise du gaz pourrait se terminer à la fin de l'hiver a été balayée par la Creg. Ainsi, les prix pourraient commencer à baisser au deuxième trimestre 2022, tout en restant "à des niveaux très élevés".
- Publié le 21-12-2021 à 13h38
- Mis à jour le 21-12-2021 à 20h08

La Creg, le régulateur fédéral du secteur énergétique, a été auditionnée à la Chambre, ce mardi.
Andreas Tirez, l'un des trois directeurs de la Creg, est revenu sur les causes de la flambée du prix du gaz qui, en retour, a fait augmenter les prix de l'électricité. Ce dernier a pointé le rôle de la Russie, qui n'a pas augmenté ses exportations de gaz en dépit de prix historiquement élevés. "La Russie ne se comporte pas comme un acteur normal de marché, a déclaré Andreas Tirez. Dans certains gazoducs, il n'y a aucun flux à partir de la Russie". Rappelons cependant que Gazprom honore ses contrats de fourniture de gaz. En revanche, le géant russe n'exporte pas au-delà de ses engagements contractuels.
Selon Andreas Tirez, l'Europe et la Belgique doivent réfléchir à la façon de répondre à cette crise. On sait que des réflexions sont en cours en vue de modifier le mécanisme de formation des prix de l'électricité sur le marché européen. Actuellement, c'est la dernière technologie mise en route pour satisfaire la demande d'électricité qui fixe les prix de l'électricité. Étant donné que cette dernière technologie est souvent une centrale au gaz, le prix du gaz se répercute sur les prix de l'électricité. Il n'y a cependant pas de consensus en Europe pour modifier ce mécanisme.
Quel impact sur la facture ?
L'idée selon laquelle la crise du gaz pourrait se terminer à la fin de cet hiver a été balayée par la Creg. Les prix pourraient commencer à baisser au deuxième trimestre 2022, tout en restant "à des niveaux très élevés". "Les prix du gaz devraient revenir à des niveaux proches de ce qui était observé avant la crise du Covid aux environs de 2025", a d'ailleurs averti le régulateur.
Avec quel impact sur la facture des ménages ? Si les prix du 17 décembre dernier devaient se maintenir jusqu'en juin 2022, la facture de gaz d'un ménage pourrait augmenter de… 1 675 euros. La hausse pourrait être de 698 euros pour une facture d'électricité moyenne. On parle ici des personnes qui ont un contrat variable ou dont le contrat fixe est arrivé à échéance au moment où les prix battent des records.
La Creg a également listé plusieurs mesures possibles pour aider les ménages et les entreprises à s'en sortir face à cette flambée historique des prix énergétiques : baisse de la TVA, facilitation de l'accès au tarif social, chèques pour les ménages, plafonnement des prix… Pour l'heure, la Vivaldi a concentré ses efforts en faveur des ménages les plus précarisés. En plus de l'accès au tarif social, ces derniers doivent recevoir un chèque énergie de 80 euros.
Par ailleurs, la Creg a étudié la question des éventuels surprofits réalisés par les centrales nucléaires et par les parcs éoliens en mer. En effet, les coûts de production de ces technologies sont quasiment restés stables, tandis que les prix de l'électricité ont grimpé en flèche. Selon la Creg, la taxe nucléaire à charge de quatre réacteurs nucléaires sur sept va augmenter en raison de la hausse de la marge nucléaire. En revanche, les trois autres réacteurs pourraient bénéficier davantage des prix élevés étant donné qu'ils ne paieront pas plus de taxes.
En ce qui concerne les éoliennes en mer, la Creg devrait avoir accès aux contrats de vente de leur électricité pour évaluer si elles réalisent des bénéfices exceptionnels.
