Après Ormuz, un autre détroit stratégique est menacé de blocage: les conséquences pourraient être très lourdes
Alliés de l'Iran dans la guerre au Moyen-Orient, les rebelles houthis du Yémen menacent de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb. Un point stratégique crucial pour l'économie mondiale.
- Publié le 16-03-2026 à 16h09
- Mis à jour le 16-03-2026 à 16h10

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le blocage iranien du détroit d'Ormuz, le commerce maritime mondial est gelé.
Donald Trump fait pression sur l'Otan pour que cette épine soit retirée de son pied et que ce couloir soit libéré de son escorte militaire internationale.
Mais les alliés américains de l'Otan ne souhaitent pas s'impliquer dans le conflit.
Avant de réussir à retirer cette épine de son pied, Trump pourrait en voir une deuxième s'ajouter. Les rebelles houtis du Yémen menacent de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb.
Il s'agit d'un autre point de passage capital entre la péninsule arabique et l'Afrique qui relie l'océan Indien à la mer Rouge et à la Méditerranée via le canal de Suez.
Cette perturbation compliquerait davantage la circulation maritime et influencerait les cours du pétrole et ses tarifs.
Un carrefour déterminant
Le détroit de Bab-el-Mandeb n'est large que de 27 kilomètres et il est d'une longueur de 75 kilomètres. Il est entouré du Yémen, du Djibouti et de l'Erythrée.
Petit par la taille, son importance est diamétralement opposée. C'est un carrefour déterminant de l'économie mondiale qui lie l'Europe et l'Asie. 12 % du pétrole mondial passe par ce détroit ainsi que de nombreux biens de consommation.
Le pétrole saoudien, qui est transporté par pipeline vers la mer Rouge et le terminal de Yanbu, y passe notamment. Cet or noir est ensuite livré vers l'Inde et la Chine. Un point stratégique qui est d'autant plus important depuis la fermeture du détroit d'Ormuz.

Des menaces aux lourdes conséquences
Les rebelles houtis et leur chef, Abed al-Thawr, menacent donc de bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb pour les navires qui se dirigent vers des ports américains et israéliens.
Si ces bateaux ne peuvent plus passer par ce point capital, ils seront dans l'obligation de contourner l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance qui se situe en Afrique du Sud. Cela représente un détour immense qui allongerait considérablement le temps de transport.
Qui dit augmentation du parcours dit hausse des coûts et donc des prix, aussi bien pour le pétrole que pour les biens de consommation.
Le détroit de Bab-el-Mandeb n'est pas encore fermé mais ces menaces influencent déjà la circulation maritime. Plusieurs grandes compagnies de porte-conteneurs comme Maesk ou Hapag-Lloyd n'y passent déjà plus préventivement.
Si les Houtis venaient ajouter le blocage de ce détroit à celui d'Ormuz, le premier choc pétrolier de 1973 serait presque insignifiant en comparaison, selon l'expert en relations internationales, Arta Moeini.