Une IA pourrait complètement bouleverser le marché du travail en 2025
Chaque entreprise joue ses cartes pour faire de 2025 l'année où l'intelligence artificielle passe à la vitesse supérieure.

- Publié le 09-01-2025 à 13h30
- Mis à jour le 09-01-2025 à 15h23

Des bureaux aux usines, en passant par les outils numériques utilisés au quotidien, les géants de la tech rivalisent d'ambitions pour façonner un monde où l'IA serait une force motrice au cœur de nos vies.
Derrière cette révolution se trouvent des entreprises américaines comme OpenAI, Google, Meta, Amazon, sans oublier la puissance chinoise. Chacun investit des milliards depuis plusieurs années, mais qu'en est-il pour l'année 2025 ? Tour d'horizon des ambitions des géants de la tech.
"Nous pensons qu'en 2025, nous pourrions voir les premiers agents IA rejoindre le marché du travail et changer considérablement la productivité des entreprises."
1. OpenAI dans la continuité
Sans surprise, OpenAI est aujourd'hui au centre de l'écosystème de l'IA. En 2019, Microsoft a lancé un partenariat historique avec un investissement initial de 1 milliard de dollars dans l'entreprise californienne. Depuis, la collaboration s'est approfondie : Microsoft a injecté plus de 10 milliards de dollars supplémentaires, intégrant les technologies d'OpenAI dans ses produits phares tels que Microsoft 365 (Word, Excel, Outlook) et le moteur de recherche Bing.
En 2025, OpenAI veut une nouvelle étape avec le lancement de ChatGPT 5. Prévue à la base pour la fin de l'année 2024, la sortie de celui-ci a finalement été reportée dans le but de le "peaufiner". C'est du moins ce qu'affirme Sam Altman, le CEO d'OpenAI. Ce modèle s'annonce comme un outil tout-en-un, combinant texte, image, audio et vidéo. Par exemple, un utilisateur pourrait poser une question médicale en téléchargeant une image d'une radio ou demander une analyse vidéo en temps réel. Autre nouveauté : il pourra analyser et générer des vidéos sur base d'une simple description.
Mais l'ambition ultime d'OpenAI reste l'intelligence artificielle générale (AGI), une IA capable d'égaler, voire de surpasser, l'intelligence humaine dans la majorité des tâches. "Nous pensons qu'en 2025, nous pourrions voir les premiers agents IA rejoindre le marché du travail et changer considérablement la productivité des entreprises", a indiqué le CEO sur son blog personnel. Seulement, cette quête est risquée. Pour Sam Altman, PDG d'OpenAI, "atteindre l'AGI est une mission aussi exaltante que périlleuse, car elle redéfinira ce que signifie être humain."
Il est également intéressant de noter que, selon des documents internes, OpenAI prévoit des pertes financières jusqu'en 2028, bien que l'entreprise vise un chiffre d'affaires annuel de 100 milliards de dollars d'ici 2029.
2. Google : Gemini, l'arme secrète
Conscient de l'avance d'OpenAI, Google riposte avec Gemini, son modèle d'IA le plus ambitieux à ce jour. Lancé en 2024, Gemini s'apprête à tenter un décollage vertical en 2025 en s'intégrant à l'ensemble de l'écosystème Google : Gmail, Google Docs, YouTube, Android, Google Cloud et même ses téléviseurs Google TV. L'idée est de rendre chaque interaction plus intelligente. Par exemple, Gemini peut rédiger automatiquement des e-mails personnalisés, créer des sous-titres vidéo ou suggérer des itinéraires personnalisés dans Google Maps en fonction de vos habitudes.
Le CEO Sundar Pichai a qualifié 2025 de "moment critique" pour Google, soulignant que l'IA est désormais la priorité numéro un de l'entreprise. Avec un investissement annuel dépassant les 50 milliards de dollars en recherche et développement (R&D), Google entend rivaliser avec OpenAI comme objectif principal de l'année.
3. Meta : Construire le metaverse avec l'IA
Les attentes sont grandes pour l'entreprise de Mark Zuckerberg. Avec l'échec de son Metaverse, l'univers immersif où les utilisateurs interagissent en temps réel via des avatars dans un monde virtuel, l'entreprise a pris un certain retard sur ses concurrents. Pour rappel, 13 milliards de dollars avaient été investis entre 2021 et 2023 avant d'être placé dans les archives, faute d'intérêt de la part du grand public.
Mais le fondateur de Facebook ne compte pas lâcher son bébé de sitôt. Voyant l'engouement autour du casque de réalité virtuelle Meta Quest 3 (sans mentionner pour autant le nombre de ventes), Mark Zuckerberg se donne notamment comme objectif d'intégrer l'IA dans les casques pour créer une plateforme interconnectée dans un monde virtuel. Autrement dit, relancer le Metaverse dans ses produits les plus avancés.
Parallèlement, l'IA va également s'infiltrer dans Instagram et WhatsApp : des fonctionnalités comme la création automatique de stories, la génération de réponses personnalisées pour les petites entreprises et même l'introduction "d'influenceurs virtuels".
Meta espère ainsi renforcer son engagement auprès des utilisateurs plus jeunes tout en explorant les applications industrielles du Metaverse, comme les réunions immersives ou les formations en réalité virtuelle.
4. Elon Musk et Grok
Le milliardaire Elon Musk se veut touche à tout. L'espace avec SpaceX, l'automobile avec Tesla, les réseaux sociaux avec X et même désormais la politique, intégrant le gouvernement de Donald Trump en tant que chef du ministère de l'efficacité gouvernementale. Mais là où il a pris du retard, c'est concernant l'intelligence artificielle. Pour le rattraper, le Sud-Africain naturalisé américain a mis les bouchées doubles avec son entreprise xAI, pour finalement mettre à disposition Grok 2, en accès libre et gratuitement pour les utilisateurs de X en décembre dernier.
Ce robot conversationnel est assez classique, étant capable de générer un texte, des lignes de codes, des conseils juridiques. Mais là où il se différencie de ses concurrents, c'est dans l'absence de modération. Le modèle est en effet capable de générer de fausses images indiscernables de la réalité, sans la moindre limite. Malgré le côté fantaisiste de l'outil, qui peut attirer un certain nombre d'utilisateurs, on peut aisément considérer que cela ne suffira pas à s'asseoir à la table des plus grands.
Qu'est-ce qui pourrait faire pencher la balance pour cette année ? Elon Musk reste assez évasif sur la question, mais les analystes ont déjà leur petite idée. Et celle-ci se trouve dans l'interconnectivité entre les entreprises du milliardaire. Avec Tesla notamment, afin de collecter les images nécessaires pour alimenter l'outil. Mais surtout avec le robot humanoïde Optimus. Selon le CEO, un millier de robots dotés d'intelligence artificielle seront intégrés dans ses usines en 2025 avant d'être disponible à la vente l'année suivante.

5. Le majordome d'Amazon
Déjà omniprésent avec sa plateforme de ventes en ligne, Amazon veut se rajouter dans la course à l'IA avec Alexa. L'objectif ? Créer un véritable assistant personnel autonome. En 2025, Alexa sera capable de gérer des tâches complexes, comme organiser des événements, planifier des voyages ou même suggérer des investissements financiers. Beaucoup de promesses sont donc annoncées, mais faut-il encore que l'outil sorte. L'entreprise travaille dessus depuis 2023. Des premiers tests ont même été effectués, mais ceux-ci ne se sont pas avérés concluants, apportant des réponses lentes et même des "hallucinations". En d'autres termes, elle crée de fausses informations. De plus, les fonctionnalités classiques d'Alexa, comme allumer ou éteindre la lumière à la demande, ont été difficilement possibles durant ces phases tests.
Mais outre les offres proposées pour le grand public, dans ses entrepôts aussi, Amazon utilise l'IA pour optimiser chaque aspect de la logistique. Grâce à des robots intelligents, la société vise à réduire ses coûts de 25 % tout en augmentant la vitesse des livraisons.
6. DeepSeek, le ChatGPT chinois
Ils sont plus discrets que les Américains, mais les Chinois sont bien là dans la course à l'IA. L'investissement est d'ailleurs assez conséquent étant donné que la Chine a injecté 103,5 milliards de dollars au cours de la dernière décennie.
Seulement, il faut avouer que ces dernières années, si le pays est un acteur clé dans la conception du matériel permettant de développer l'IA, un certain retard était constaté par rapport à son rival américain. En Chine, le ton était d'ailleurs donné début 2024 par le Global Times, promettant à ses lecteurs que le pays "rattraperait les Américains".
Près d'un an plus tard, la riposte chinoise est arrivée : une start-up de Hangzhou a dévoilé "DeepSeek 3", une alternative ambitieuse à ChatGPT. Avec des performances comparables, voire supérieures, et un coût de développement limité à 6 millions de dollars – contre des centaines de millions pour son rival –, l'IA étonne par son efficacité. Plus surprenant encore, elle fonctionne avec des semi-conducteurs moins sophistiqués et consomme bien moins d'énergie.
Mais là où "DeepSeek 3" frappe un grand coup, c'est dans son choix de l'open source. En rendant son code accessible à tous, la start-up change les règles du jeu et menace directement le modèle économique de ChatGPT, devenu payant pour ses fonctionnalités les plus avancées. Cette décision place donc la Chine en position de challenger sérieux. Le bras de fer entre les titans de l'IA s'annonce plus serré que jamais.