Duplat : banquiers, des excuses!

Les causes et les remèdes de la crise ont été évoqués par des orateurs renommés. J e n'ai pas encore vu aujourd'hui beaucoup de banquiers qui se sont excusés. Il faudrait que le monde bancaire fasse amende honorable".

AvC
Duplat : banquiers, des excuses!
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Je n'ai pas encore vu aujourd'hui beaucoup de banquiers qui se sont excusés. Il faudrait que le monde bancaire fasse amende honorable". L'ancien président de la Commission bancaire, Jean-Louis Duplat, n'y est pas allé par quatre chemins mercredi soir lors d'une conférence-débat organisée à Bruxelles par La Libre Belgique sur le thème "La crise financière, ses causes et ses remèdes".

Parmi les trop rares banquiers qui ont fait amende honorable, il y a Floris Deckers, le président du conseil d'administration de l'institution néerlandaise Bank van Lanschot. Et pourtant celle-ci a plutôt bien résisté à la crise du "subprime". Floris Deckers a fait ses excuses car il se sent responsable de ne pas avoir stigmatisé tous les problèmes. Il a en outre, a souligné M. Duplat, fait des propositions pour l'avenir. Cela va d'une séparation plus claire entre les activités traditionnelles de banque commerciale et les activités plus risquées, à des notions mieux définies en termes de rémunérations en passant par un meilleur exercice par le banquier de la fonction de "risk management". "Il faut cesser de faire de la banque virtuelle sans même connaître le débiteur final", a encore clamé l'ancien président de la Commission bancaire.

D'autres pistes de réflexion ont été évoquées mercredi soir. Philippe Dembour, professeur à l'Ichec, a notamment mis l'accent sur les nouvelles normes comptables IFRS qui obligent de valoriser plusieurs catégories d'actifs à leur valeur de marché ("fair value"). "On injecte de la volatilité dans les banques", a dit Philippe Dembour, qui y voit un aspect très dangereux dans la mesure où cela crée de la méfiance des actionnaires et des déposants. "Or le système financier repose sur la confiance".

Olivier Lefebvre, président honoraire d'Euronext Bruxelles et membre de la Commission Lamfalussy, a, lui, notamment mis l'accent sur certaines lacunes dans les recommandations faites pour faire face à la crise. "On n'envisage pas de renforcer le rôle de la Banque centrale européenne. Or, c'est un des éléments principaux", a-t-il regretté. Il pense que la "resegmentation du métier bancaire mériterait une réflexion". Il s'est enfin demandé si on n'était pas en train de recréer les conditions de la crise à cause de certaines décisions comme l'injection massive de liquidités dans le système ou la garantie apportée par les Etats aux banques, qui pourrait être un facteur de "déresponsabilisation des institutions".

Jean-Marc Gollier, associé du cabinet Eubelius, a, lui, conclu sur une note plus éthique en mettant l'accent sur la responsabilité sociale des chefs d'entreprise où travailler équivaut à un service.

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