Ces innovations au service de l'environnement: Comet transforme les déchets ultimes de voitures en carburant
- Publié le 27-08-2019 à 09h54
- Mis à jour le 17-03-2021 à 15h18

Cette valorisation permet de réduire de 95 % les volumes de déchets mis à la décharge.Le groupe Comet est un pionnier dans le domaine du recyclage, particulièrement dans le segment automobile. Il y a quelques années, sa filiale Comet Traitements, basée à Obourg, a voulu aller un cran plus loin en s'attaquant aux résidus ultimes du recyclage des voitures. Il s'agit du projet Phoenix, actuellement en phase de test.
"Mousse des sièges, textiles, films plastiques, caoutchouc, bois et polymères : environ 6 % des matériaux qui composent une voiture échappaient au recyclage, nous explique Pierre-François Bareel, le CEO de Comet Traitements. Le principe du projet Phoenix est de recycler cette matière organique que nous appelons le fluff."
Comment l'entreprise obourgeoise s'y prend-elle ? "Nous procédons à un craquage catalytique à basse température du fluff, ce qui signifie que la matière est chauffée dans une sorte de réacteur sans oxygène, déclare Pierre-François Bareel. Sous l'effet d'un catalyseur, la matière organique décomposée se recombine ensuite sous une forme liquide."
Ainsi, le fluff est transformé à 55 % en carburant de synthèse, à 20 % en cendres (le nouveau déchet ultime) et le reste en carbone. Grâce à ce procédé, Comet Traitements atteint maintenant un taux de recyclage des voitures de 97,8 %.
Mais comment sont valorisés ces anciens déchets ? Le carburant récolté sert à alimenter une centrale cogénération, qui produit à la fois de l'électricité et de la chaleur pour les besoins du groupe. Le carbone, lui, est utilisé dans l'industrie sidérurgique pour la production de l'acier.
Pas un biocarburant
Précisons que le carburant issu du recyclage n'est pas vert, puisqu'il n'a pas d'origine végétale (ce qui permet de capter du CO2, compensant les émissions du biocarburant brûlé dans un moteur). "Le pétrole de synthèse utilisé dans notre centrale cogénération émet la même quantité de CO2 qu'un pétrole normal, avance Pierre-François Bareel. L'intérêt du projet Phoenix est que nous donnons une deuxième vie à une matière organique qui, sans cela, aurait fini dans une décharge. En outre, via la production de carburant de synthèse, nous évitons l'extraction de pétrole, un procédé qui est en soi émetteur de CO2."
Les initiateurs du projet Phoenix estiment qu'il permet de réduire de 95 % le volume qu'il aurait été nécessaire de mettre en décharge sans leur intervention. Pourquoi ? Le fluff étant une matière d'une faible densité, il prend énormément de place.
Aujourd'hui, le craqueur catalytique d'Obourg est capable de traiter 250 kg de fluff par heure, ce qui permet de produire 150 litres de pétrole dans le même laps de temps. L'investissement a coûté 7,5 millions d'euros, subsidiés à 50 % par la Région wallonne.
La prochaine étape, pour Comet Traitements, est d'investir dans une unité industrielle capable de traiter 35 000 tonnes de fluff par an, soit plus de quinze fois la capacité actuelle. "Nous ne devrions pas avoir de problème pour nous approvisionner, les gisements européens de fluff sont estimés à 10 millions de tonnes", explique Pierre-François Bareel.

