Cinq conseils pour mettre toutes les chances de son côté dans sa recherche d'emploi
Que faire ou ne pas faire pour s'assurer de décrocher un premier emploi ? Des experts donnent quelques conseils.

- Publié le 05-09-2021 à 14h00

Libre Eco week-end | Le dossier
1. Le diplôme et les langues
Il est clair que certains diplômes sont plus porteurs que d'autres, et ce, de manière générale. "Mais quel que soit le diplôme, si un jeune a la niaque, l'envie de travailler, de s'investir et est flexible par rapport au contenu de la fonction au début de sa carrière, il peut trouver du travail", estime Joël Poilvache, directeur de Robert Half, qui met aussi en avant un atout essentiel : la connaissance des langues. "Nos jeunes ont encore un niveau de connaissance trop faible. Et il ne s'est pas amélioré au cours du temps. Au contraire même pour cette dernière année. L'apprentissage à distance a eu plutôt un effet négatif. Or, sur le marché de l'emploi, les bilingues et trilingues ont beaucoup plus de chances que les unilingues."
2. Une recherche active et intensive
Chercher un boulot ne se fait pas en dilettante. "Il faut faire une recherche active, intensive", conseille Joël Poilvache. "Il faut y consacrer plusieurs heures tous les jours. Explorer les annonces, les sites web, envoyer des candidatures spontanées…" "Il ne faut pas non plus oublier son réseau : sa famille, ses amis, ses partenaires de sport… Le bouche-à-oreille fonctionne très bien", ajoute Élise Bernar, Business Manager Engineering chez ManpowerGroup, qui a participé au webinar organisé conjointement avec La Libre sur le thème du premier emploi. Manpower, via son département Futur Skills, propose d'ailleurs une aide à la mise à l'emploi. "Il est intéressant aussi d'aller voir sur LinkedIn les personnes qui travaillent dans les sociétés où l'on souhaite postuler. Parfois, on se rend compte qu'on connaît quelqu'un via untel ou untel."
3. Rédiger un bon CV
Un CV doit être court et mettre en évidence des mots-clés, pour accrocher l'œil du recruteur. Les spécialistes distinguent deux CV : le chronologique (ou antichronologique) et le fonctionnel. Le premier reprend un classement dans le temps des fonctions et formations et est assez simple à réaliser. Le second est plus centré sur les compétences et aptitudes. "Il raconte une histoire", note Élise Bernar, qui préfère ce type de CV, plus intéressant, mais reconnaît qu'il est plus difficile à réaliser. Le CV doit bien sûr reprendre les diplômes et formations complémentaires, ainsi que les différentes expériences pour ceux qui en ont, mais aussi les expériences annexes et les centres d'intérêt : volontariat, mouvement de jeunesse, jobs d'étudiants, stages, année sabbatique, président de cercle… Les entreprises n'engagent pas uniquement un profil, mais une personne.
"Il faut se différencier des autres et raconter qui on est", indique Jonathan Penninckx, Sales and Operation Manager chez Manpower Belgique, également présent au webinar. "On développe, en fait, plein de choses à valoriser dans un CV dans des activités annexes. Les jeux vidéo, par exemple. Les personnes qui y jouent développent des compétences transposables sur le marché du travail. Compétences auxquelles elles n'auraient pas pensé et qui sont recherchées par les recruteurs : communication, leadership, responsabilité, travail en équipe, habilité à travailler sous pression…"
"Il est important de personnaliser le CV par rapport à l'annonce à laquelle on va répondre", remarque encore Élise Bernar, qui conseille de faire la même chose avec la lettre de motivation. "Cela se remarque tout de suite quand c'est la même pour toutes les entreprises où l'on postule."
Autre point : "Surtout ne pas mentir sur son CV car les recruteurs prennent des références", rappelle Jonathan Penninckx. Il suggère encore de faire attention à la photo. "Mettez sur votre CV des éléments qui vous valorisent. Certaines personnes n'ont pas conscience de l'image qu'elles peuvent renvoyer avec telle ou telle photo."
4. Postuler et se vendre
Avant de postuler, il faut lire correctement le descriptif de fonction, à la recherche de mots-clés. "Si on ne les trouve pas, parfois ils sont mis en gras mais pas toujours, il faut analyser les mots qui se répètent le plus", remarque Elise Bernar. "On entend souvent des candidats dire : 'J'ai vu l'offre mais je ne pense pas correspondre, donc je ne vais pas postuler.' Il faut toujours se renseigner sur les personnes de référence si à l'heure actuelle vous n'avez pas encore les compétences. Si vous n'osez pas prendre votre téléphone, rédigez une lettre de motivation pour justifier ce qui, selon vous, fait que vous êtes la personne pour le poste, même si vous n'êtes pas encore à 100 % mais que vous avez une soif d'apprendre et que vous allez tout donner pour pouvoir vous mettre à jour", ajoute Elise Bernar. Elle conseille les candidatures spontanées également. "De nombreux sites d'entreprise ont un onglet pour cela. Prenez le temps de faire une lettre de motivation pour expliquer pourquoi vous postulez dans cette entreprise et ce que vous pouvez lui apporter."
Dernier conseil : "Pensez à faire un suivi de votre candidature. Prenez votre téléphone ou envoyer un mail pour savoir où en est votre candidature, savoir si le recruteur désire un complément d'informations, et précisez que vous êtes disponible pour en parler. Rien que cela peut faire remonter votre CV dans la pile."
5. Ne pas négliger la préparation de l'entretien
Pas de place pour l'improvisation lors de l'entretien. Quelques conseils : opter pour une tenue professionnelle mais en lien avec l'entreprise - ce n'est pas la même chose de passer un entretien dans un cabinet d'avocats ou une start-up - ; préparer son itinéraire ; prendre son CV au cas où le recruteur ne l'aurait pas ; prévoir des questions pour montrer qu'on se projette déjà ; s'entraîner à raconter son histoire et à le faire dans plusieurs langues.
"Il faut être prêt à être testé. En outre, de plus en plus de tests se font dans le suivi de l'entretien. Quand le recruteur a un bon candidat, il veut avancer et faire un test ou un autre entretien," constate Jonathan Penninckx. "En fin d'entretien, il est important de toujours remercier l'interlocuteur et partir avec une vision claire des prochaines étapes."
Pour les entretiens en visio, il convient, en outre, de bien préparer son matériel technique pour ne pas avoir de souci, de prévenir son entourage pour ne pas être dérangé, de soigner l'arrière-plan et de bien regarder l'interlocuteur en face. "Il arrive que certains candidats regardent leur GSM pendant l'entretien. C'est un manque de respect."
