Easyvest veut aider à préparer la pension : "Donner des conseils sur les moyens à disposition pour augmenter son capital ou sa rente à la pension"
La "wealthtech" belge Easyvest affiche une nette croissance après sa levée de fonds en février et annonce quelques innovations.

- Publié le 31-10-2021 à 16h58
- Mis à jour le 31-10-2021 à 17h02

En février dernier, la fintech bruxelloise Easyvest annonçait avoir bouclé une augmentation de capital de 3 millions d'euros. Dans le panel d'entrepreneurs-investisseurs, il y avait quelques noms connus comme Alfred Bouckaert, l'ancien président de Belfius, Xavier Pansaers, cofondateur de l'entreprise informatique à succès Odoo, Jacques-Martin Philippson, de la famille actionnaire de la Banque Degroof Petercam. "Cette levée de fonds a permis d'engager environ 10 collaborateurs", explique huit mois plus tard, le CEO et fondateur Matthieu Remy.
Durant cette même période, les actifs sous gestion ont augmenté de 55 % pour passer à 70 millions d'euros grâce à une croissance interne (engendrée par la hausse des indices boursiers) et externe. La performance des actions a été de 18 % (pour -3 % aux obligations). Le nombre de clients est, lui, passé de 750 à environ 1 000. Leur portefeuille s'élève en moyenne à 80 000 euros. Cinq années après sa création, Easyvest n'est pas encore rentable. "On ne s'attend pas à une rentabilité immédiate", explique le CEO.
Sous le seuil de pauvreté
Pour l'avenir, il vise donc encore plus de croissance. "Il y a 5 conseillers et marketers chez Easyvest, dont 3 ayant un profil plus néerlandophone sur un total de 12 collaborateurs", poursuit le CEO. Car comme tous les gestionnaires de fonds, Easyvest chasse sur les terres flamandes, là où il y a le plus d'argent. "Avant, nous comptions trois clients francophones pour un néerlandophone. Aujourd'hui, la plus grande partie de la croissance vient de Flandre", poursuit Matthieu Remy.
Pour se différencier de ses concurrents, Easyvest, qui se classe dans le sous-segment des fintechs de robots-conseillers, mise sur une "facilité numérique" et sur une gestion à bas coûts en ne proposant que des ETF (fonds indiciels). Là où la wealthtech veut aussi se différencier et attirer une clientèle pas forcément fortunée c'est en mettant l'accent sur la notion d'épargne pour subvenir à une pension légale qui sera largement insuffisante. "D'ici 2060, plus de la moitié de la population sera sous le seuil de pauvreté, la moyenne de la pension légale étant d'à peine 1 000 euros par mois. Tout indique que le premier pilier sera menacé", commente Matthieu Remy.
C'est en suivant le fil conducteur de l'épargne à constituer pour la pension que "l'app subit un profond changement et permet de mieux planifier sa pension." Cette app de planification de pension pourra être téléchargée gratuitement par tout résident belge qui le souhaite. "Pour faire fonctionner cette app, l'utilisateur doit avoir l'application d'identification itsMe installée sur son smartphone et accepter de communiquer son numéro de registre national afin qu'Easyvest puisse collecter et analyser toutes ses données de pension légale, complémentaire, etc., pour ensuite lui donner des conseils sur les moyens à sa disposition pour augmenter son capital ou sa rente à la pension ", explique Matthieu Remy. "L'analyse et les hypothèses se feront de manière totalement transparente. On sera froid et mathématique. Le but est de compléter la pension. S'il n'y a pas de trou financier, c'est tant mieux", assure-t-il. Cette app, qui est déjà disponible pour les clients, sera accessible au grand public "dans le courant du premier trimestre 2022."
Nouveau branding
Easyvest annonce aussi "un nouveau branding". Pour cela, la fintech a fait appel à l'agence anversoise WeWantMore. "Notre logo était perçu comme un peu enfantin. On a voulu en faire une marque intelligente", explique Matthieu Remy.
Pour créer le logo, "WeWantMore a dessiné des marches d'escalier en négatif. À mesure qu'elles montent, la teinte fonce pour visuellement renforcer le sentiment de croissance. Contrairement à la plupart des applications fintech, dont les couleurs sont le bleu et le violet, WeWantMore a choisi d'utiliser un vert vif comme couleur de marque. Le vert étant également une couleur qui renforce le sentiment", écrit Pub.be.
