Ces évolutions qui feront baisser le prix des véhicules électriques : "L'avenir de l'automobile se situe dans l'électrique"
L'électrification en cours du parc automobile peine à se généraliser chez les particuliers, notamment à cause des prix toujours plus élevés des véhicules électriques. Des pistes existent toutefois pour réduire la facture et permettre à cette technologie toujours en développement d'atteindre son plein potentiel. Désormais le temps presse, l'Europe ayant voté l'interdiction de la vente de véhicules thermiques sur son territoire d'ici 2035.
- Publié le 20-01-2022 à 11h02
- Mis à jour le 21-01-2022 à 10h57

Entre mesures politiques et nouvelle orientation des constructeurs, la transition vers la voiture électrique semble de plus en plus inévitable pour les citoyens. Toutefois, à l'heure, actuelle, il reste compliqué pour les consommateurs de sauter le pas pour des raisons purement financières. Fin 2021, Luc Chatel, président de la Plateforme automobile PFA (qui rassemble la filière automobile en France), soulignait encore qu'une voiture électrique coûtait "40 % de plus qu'un modèle essence".
Nos confrères français de Challenges appuyaient d'ailleurs le constat, signalant que le "coût moyen d'un modèle dit zéro émission se monte à 23 900 euros, contre 15 100 pour le même véhicule thermique". Une différence qui s'explique très simplement par le coût des batteries électriques, puisqu'elles "représentent à elles seules 8 000 euros", somme à laquelle il faut encore ajouter "le moteur et l'électronique, autour [des] 4 900 euros. L'ensemble du contenu électrique atteint [...] 67 % de la voiture dans son ensemble".
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L'équation semble donc limpide : pour réduire le coût des modèles électriques, il faudra passer par l'amélioration des batteries. Plus simple à dire qu'à faire ?
Une nouvelle génération de batteries en préparation
"Pour nous, c'est au niveau des batteries que se situe la plus grosse marge de progression en vue de faire baisser les prix, avec une nouvelle génération de batteries plus légères", lance d'emblée Léo Muyshondt, expert automobile chez Test Achats. "Il y a finalement deux approches. On peut conserver les batteries actuelles, les rendre plus performantes avec une plus longue autonomie et donc diminuer les chargements. De l'autre, on peut se dire que les gens n'ont pas besoin d'une autonomie dépassant un rayon de X kilomètres, et opter pour des batteries plus petites et légères, mais aussi plus performantes."

Dans cette optique, Jean-Marc Ponteville, Public Relations Manager chez D'Ieteren Group, confirme que les batteries sont au cœur de cette révolution automobile, avec un double défi à relever. "D'un côté, il faut travailler sur les matériaux utilisés. Car avant tout, il faut se procurer les matériaux, or on sait que les ressources sont limitées. Nous sommes donc déjà en train d'envisager une nouvelle génération de batteries. Nous allons passer de batteries à électronique liquide vers des batteries à électronique solide : elles auront une plus grande capacité de stockage et une plus grande rapidité de chargement", explique-t-il. "Des batteries avec plus d'énergie dans un même volume, cela mène à une diminution du poids de la batterie, donc la consommation, donc la demande d'énergie, etc. C'est un cercle vertueux. Cette prochaine génération est déjà dans les starting blocks et devrait se généraliser d'ici 2030 sous les capots."
"L'autre voie, ce sont les recherches très importantes effectuées dans le domaine de la gestion de l'électronique de haute puissance. C'est l'un des postes dans lesquels il y a d'importantes perspectives de développement et d'amélioration", complète-t-il.
Une technologie qui n'est pas encore pleinement mûre
Et si les coûts des véhicules électriques restent aussi élevés, c'est également en raison de ces investissements toujours très, très élevés dans une filière qui doit encore mûrir. Actuellement, les coûts liés à la recherche et au développement des moteurs et batteries électriques se répercutent toujours sur la facture finale. "Quand la technologie électrique parviendra à évoluer à un niveau similaire à celui des thermiques, et qu'on arrivera à une production de masse de ces moteurs, là les coûts et les prix catalogue commenceront à baisser", explique Léo Muyshondt. Quand ? C'est encore très difficile à dire. En 2019, l'agence Bloomberg prévoyait un prix identique pour une thermique et une électrique pour... 2022. Or, nous en sommes encore loin.

Cette production de masse reste en effet un tournant crucial. "Au début du XXe siècle, la voiture était en quelque sorte l'équivalent du vol spatial à l'heure actuelle : elle était réservée à une poignée de personnes fortunées, et inaccessible au commun des mortelles", rappelle Jean-Marc Ponteville. Ce n'est qu'au moyen de l'économie d'échelle qu'Henry Ford et sa Ford T vont paver la voie vers la démocratisation des voitures. "Pour le moment, les investissements sont encore massifs et l'amortissement élevé : la vente de voitures électriques augmente fortement, mais nous ne sommes pas encore à une production de masse. Comme pour tout business, quand il est lancé, il n'est pas très rentable, finalement."
La voiture électrique, cristallisation d'une mobilité en pleine transformation
Quoi qu'il en soit, le porte-parole de D'Ieteren reste convaincu de la pertinence de ces choix. "L'avenir se situe dans l'électrique. Le rendement du moteur approche les 80 % de moyenne, contre 30 % pour les moteurs thermiques, et encore moins pour l'hydrogène si on prend en compte l'ensemble de la chaîne de production."
Enfin, Test Achats rappelle un autre atout des électriques : leur longévité. "Outre le prix d'achat, il faut prendre le coût sur l'ensemble de la durée de vie du véhicule. Au départ, le véhicule électrique reste un investissement qu'il faut pouvoir faire, car le prix reste plus élevé, c'est vrai", admet Léo Muyshondt. Mais une fois ce cap passé, "les coûts d'entretien et de fonctionnement sont meilleurs marché que pour les moteurs thermiques". L'étude de Test Achats précédait toutefois la flambée des prix de l'énergie... De nouvelles études vont venir vérifier quels effets la hausse des prix peut avoir sur les résultats.
"Le secteur est aujourd'hui à la croisée des chemins", ajoute Jean-Marc Ponteville. "Derrière la voiture électrique, il y a véritablement l'arrivée d'un changement fondamental dans la société. La voiture évolue, de la même manière que d'autres objets comme les téléphones, les télévisions, les maisons, etc. L'automobile suit les mêmes évolutions qui vont vers plus de confort, plus de rentabilité. C'est un miroir de la société : elle ne donne pas le ton mais en suit les exigences."