Sonaca, l'entreprise wallonne sélectionnée pour contrer les missiles hypersoniques
La Sonaca a été sélectionnée, avec douze autres entreprises, pour participer au développement du premier système de défense européen contre les missiles hypersoniques. Un armement nouveau que la Russie affirme avoir utilisé lors de la guerre en Ukraine.

- Publié le 26-09-2022 à 19h34
- Mis à jour le 14-10-2022 à 14h55

C'était le 18 mars dernier. L'armée russe annonçait fièrement avoir utilisé des missiles hypersoniques dans ses frappes contre l'Ukraine. Une première dans un conflit armé. On parle d'un missile hypersonique lorsque ce dernier est capable de maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c'est-à-dire cinq fois la vitesse du son, en clair autour de 6 000 km à l'heure minimum. Ultra-rapides, difficiles à détecter et très précis, les missiles hypersoniques sont considérés comme l'arme du futur.
Actuellement on sait peu de choses à propos des avancées des grandes puissances sur ces missiles de nouvelles générations, si ce n'est que la Russie et la Chine communiquent beaucoup sur le sujet, là où les Occidentaux se font beaucoup plus discrets.
Défi technologique de taille
Côté européen, on se prépare à pouvoir se protéger face à cette nouvelle menace : les missiles hypersoniques sont beaucoup plus difficiles à neutraliser que les missiles classiques. Il faut donc revoir les systèmes de défense face à ce nouveau type d'arme. "C'est l'histoire du policier et du voleur. Il faut pouvoir s'adapter en permanence aux technologies d'attaque des ennemis", souffle un officiel de la Défense belge.
Toutes les forces vives européennes ont été mises à contribution pour cette tâche majeure. Parmi elles, la Sonaca. L'entreprise de Gosselies a ainsi été sélectionnée, avec douze autres entreprises représentant sept pays européens pour participer au développement du premier système de défense européen contre les missiles hypersoniques.
"Nos entreprises de Défense belges sont parmi les meilleures"
Concrètement, l'entreprise wallonne sera chargée du développement de l'ensemble de la structure des différents étages de l'intercepteur, y compris la coordination des études thermiques, mécaniques et aérodynamiques. Une équipe de sept ingénieurs travaillera sur ce projet durant trois ans, s'appuyant également sur des universités, centres de recherche et PME belges. Les défis technologiques seront nombreux : il faut développer des matériaux capables de résister à des températures, des forces et des frottements extrêmement élevés qui se produisent à des vitesses hypersoniques. Ces matériaux doivent, en outre, être suffisamment légers pour donner à l'intercepteur la manœuvrabilité suffisante pour contrer les missiles.
Difficile, mais loin d'être impossible pour Sonaca qui compte s'appuyer sur son expérience dans les bords d'attaques des ailes, "la partie la plus exposée d'un avion", mais aussi dans l'aérospatial pour relever le défi. La première phase de ce projet représente un budget de 110 millions d'euros dont 100 millions seront financés par le Fonds européen de Défense. "Nos entreprises de Défense belges sont parmi les meilleures, ce qui est rassurant dans la situation géopolitique actuelle", a expliqué la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS) lors de sa visite ce lundi après-midi dans l'usine de Gosselies de la Sonaca.
