CES de Las Vegas : pourquoi Bruxelles et la Flandre snobent la grand-messe mondiale de la tech
Depuis 2018, le pavillon belge du Consumer Electronics Show (CES) est occupé exclusivement par l'Awex et des entreprises technologiques wallonnes.

- Publié le 10-01-2024 à 15h07
- Mis à jour le 11-01-2024 à 15h38

Les années se suivent et se ressemblent pour la présence belge au prestigieux salon professionnel consacré à l'électronique grand public. Cela fait six ans, en effet, que la Wallonie est la seule à occuper le terrain. Pour cette édition 2024, qui s'est ouverte mardi pour une durée de quatre jours, treize start-up et PME disposent d'un stand sur l'un des deux pavillons occupés par l'Agence wallonne aux exportations et aux investissements étrangers (Awex).
Pour l'Awex, le CES est "the place to be" pour les entreprises technologiques. Ce qui a un coût non négligeable. L'an dernier, l'Awex avait déboursé 260 000 euros pour disposer de deux pavillons. "La dépense se justifie pleinement, nous avait indiqué Guy Vanpaesschen, responsable "Digital Economy" à l'Awex et chef de la délégation wallonne au CES depuis 2018. Il n'y a aucun autre événement technologique au monde qui permet à la Wallonie et à ces entreprises de briller de cette façon. Toutes les start-up et les PME qui sont venues vous le diront. On se doit d'être présent et on ne comprendrait pas que la Wallonie n'y soit plus. L'Awex sera donc encore présente en 2024".
Pour cette édition 2024, l'Awex est parvenue à réduire son investissement à 200 000 euros en revoyant le dispositif des stands par rapport aux années précédentes.
Des présences à titre individuel
Face à un tel enthousiasme, comment expliquer que les Régions bruxelloise et flamande n'ont jamais jugé utile, jusqu'ici, d'imiter leur homologue wallonne ? D'année en année, les arguments avancés par Hub Brussels et Flanders Investment&Trade (FIT) sont les mêmes : un manque de "masse critique" du côté des entreprises et la volonté de miser plutôt sur d'autres salons ou événements "de niche" dédiés aux nouvelles technologies.
Au nord du pays, on explique viser plutôt le Mobile World Congress à Barcelone, qui a lieu fin février chaque année, et d'autres salons professionnels qui permettent une relation d'entreprise à entreprise (B2B) plus directe. La valeur ajoutée pour FIT est alors plus importante, argue-t-on. On notera que la Wallonie est également présente au Mobile World Congress et à d'autres salons professionnels.
"Cette année, sept entreprises flamandes ont investi dans leur propre stand ou dans une suite d'hôtel pour rencontrer des clients. L'une d'elles, Custo, a en outre reçu un "Innovation Award" pour sa boîte à colis connectée, qu'elle présente au salon."
Par ailleurs, des entreprises et des organisations comme Imec, l'institut louvaniste de recherche en microélectronique et nanotechnologies, se rendent au CES de Las Vegas depuis plusieurs années. Mais elles le font de manière individuelle et ne sont pas demandeuses du soutien de l'agence flamande pour le commerce extérieur pour un stand commun, assure-t-on auprès du FIT, laquelle dit réfléchir chaque année à l'utilité d'un stand collectif ou d'un stand d'accueil pour regrouper les entreprises flamandes faisant le déplacement de Las Vegas. Cette année, sept entreprises flamandes ont investi dans leur propre stand ou dans une suite d'hôtel pour rencontrer des clients. L'une d'elles, Custo, a en outre reçu un "Innovation Award" pour sa boîte à colis connectée, qu'elle présente au salon.
Une question de moyens
Du côté de la Région bruxelloise, on explique que ses entreprises ont la possibilité d'être présentes sur l'un des deux stands de l'Awex, si des places sont disponibles, en vertu d'un accord tri-régional. Des entreprises comme MuuseLabs ou Mintt, par exemple, ont ainsi participé au CES à plusieurs reprises.
Selon Hub Brussels, la décision de ne pas participer au CES se justifie par son coût élevé et le manque de masse critique, qui rend le coût par entreprise relativement élevé pour elle. En outre, la participation représente un coût important pour les entreprises, qui doivent financer elles-mêmes le transport et le logement (ce qui est également le cas des entreprises wallonnes).
