Ce qui freine l'enthousiasme des Belges à partir en vacances
Cet été, les Belges seront moins nombreux à partir qu'en 2023 mais aussi nombreux qu'en 2019, avant le Covid, selon le 23e baromètre des vacances d'Europ Assistance. L'inflation, le climat et la situation géopolitique influencent les décisions des candidats au voyage.

- Publié le 28-05-2024 à 17h11
- Mis à jour le 28-05-2024 à 18h48

Quelque 65 % des Belges affirment qu'ils voyageront cet été, ressort-il du Baromètre des vacances d'Europ Assistance, le 23e du genre (1), publié mardi. Soit une baisse de 5 points par rapport à l'an dernier et de 6 points par rapport à 2022… mais le même résultat qu'en 2019. Le temps du revenge travel (rattraper le temps perdu) est derrière nous. "Nous revenons à la situation d'avant le Covid", commentait dans la foulée, Xavier Van Caneghem, porte-parole d'Europ Assistance. Sachant que le terme "vacances" utilisé dans l'enquête désigne une période de plus de 4 nuits consécutives passées hors du domicile et hors raisons professionnelles entre juin et septembre 2024.
1. Au fil des années, l'impact de l'actualité
Certes, les "grosses" destinations varient peu dans le temps. Ainsi, il y a 10 ans, par exemple, les Belges qui partaient en vacances allaient d'abord en Europe (78 %), de préférence en France (30 %), Espagne (14 %), Italie et Belgique (10 %). En 2024, les tendances sont les mêmes : 68 % désirent partir en Europe, en France (27 %), Espagne (17 %) et Italie (12 %), la Belgique arrivant ici en deuxième position avec 20 %, dans le sillage du Covid qui a, logiquement, poussé la destination. "Sur le long terme, ce qu'on remarque, c'est l'impact des faits d'actualité sur les tendances, indique Xavier Van Caneghem. Quand on remonte dans le temps, il y a eu la crise bancaire qui a influencé le budget des ménages, la menace terroriste dans les années 2016-2017 qui incitait les gens à la prudence, et puis, le Covid…"
2. Le trio inflation, géopolitique et climat
Cette année, on remarque que beaucoup de Belges, 28%, hésitent et n'ont pas encore choisi leur destination de vacances."
Et de poursuivre : "Cette année, on remarque que beaucoup de Belges, 28 %, hésitent et n'ont pas encore choisi leur destination de vacances. Ils étaient 16 % l'an dernier". Évidemment, il faut noter que l'enquête sur les intentions de vacances a été réalisée de fin mars à fin avril et que depuis lors, de nombreuses décisions ont dû être prises, mais n'empêche… Cette année, si 78 % des Belges (3 points de plus qu'en 2023) qui vont partir en vacances sont très enthousiastes à l'idée de s'évader quelques jours, leur enthousiasme est quand même freiné par certains facteurs, que l'on retrouve d'ailleurs au moment où ils sélectionnent leur destination : l'inflation et le coût de la vie (89 %) ; la situation géopolitique avec les conflits armés (77 %), mais aussi un nouveau critère proposé cette année : l'émergence de l'extrémisme et du populisme dans certains pays (69 %) ; et le réchauffement climatique avec la crainte que la destination de vacances soit frappée par la canicule (un nouveau critère également – 81 %) et le souci de l'empreinte écologique du déplacement (72 %). Et puis, la météo pluvieuse en Belgique joue sans doute aussi avec la question : faut-il aller vraiment chercher le soleil ou pas ?
3. L'influence des réseaux
Le profil des vacanciers belges a bien sûr ses caractéristiques : ils préfèrent la mer (58 %), la détente et le repos une fois sur place (67 %) et l'hôtel (54 %). Ce qui ne l'empêche ni d'apporter certaines variantes : les Belges projettent cet été de partir en juillet de préférence à… septembre et août, dans cet ordre-là. Ni d'être à l'écoute des nouveautés. Et là, quand on demande aux Belges quelles sont, parmi une série de nouvelles tendances, celles qu'ils "voudraient probablement essayer ces prochaines années", comme le slow tourism (prendre son temps), "éviter les endroits de tourisme de masse", le voyage en solo et on en passe, "on remarque l'influence des réseaux sociaux et des médias qui diffusent des documentaires en ce sens", pointe le porte-parole d'Europ Assitance.
4. Le "workation" fait son chemin
Cet été, 26 % des Belges (parmi la population active évidemment) ont l'intention de travailler depuis leur lieu de vacances, en hausse de 2 points. Un mouvement qui a surfé sur le Covid et se poursuit. Qu'ils travaillent sur place plutôt que de profiter de leurs vacances (38 %), qu'ils profitent d'abord de leurs vacances avant de travailler sur place (36 %) ou qu'ils partent plus tôt pour travailler d'abord et profiter ensuite. Ce qui les motive le plus ? Cela donne l'impression d'avoir des vacances plus longues, estiment 48 % des vacanciers travaillant à distance.
5. Le budget moyen : 2 736 euros
Enfin, cette année, le budget vacances moyen (soit la moyenne de tous les types de composition de ménages) s'élève à 2 736 euros, la moyenne européenne étant à 2 446 euros. La base de calcul est cependant différente de celle de 2023 (budget moyen : 2 182 euros), ce qui empêche la comparaison. Cette fois, en effet, c'est le budget de "ceux qui partiront en vacances cet été ET qui connaissent leur budget". Quelque 38 % des Belges ne connaissaient pas encore leur budget au moment de l'enquête.
(1) Enquête réalisée par Ipsos entre le 27 mars et le 22 avril 2024 auprès des 21 002 personnes résidant dans 21 pays (un millier par pays) en Europe (dont la Belgique), USA et Asie.
