Mauvaises nouvelles pour certains patients : un groupe pharma arrête la production de ces deux médicaments
Le groupe pharma danois Lundbeck stoppe la commercialisation de deux médicaments en Belgique. Au grand dam de Testachats qui dénonce une décision unilatérale en dépit de la santé des patients.

- Publié le 12-06-2024 à 18h02
- Mis à jour le 12-06-2024 à 18h05

Les personnes qui souffrent de dépression ou de douleurs chroniques pourraient ne plus avoir de traitement disponible ou devoir débourser plus cher pour trouver une alternative à ceux proposés par le groupe danois Lundbeck. Pourquoi ? Car, selon Testachats, "l'entreprise Lundbeck a annoncé qu'elle stoppait la livraison des médicaments Nortrilen et Redomex en Belgique. Une décision au détriment du bien-être des patients qui rappelle que des lacunes criantes sont encore présentes en matière de production des médicaments".
Selon l'association de consommateurs, cela mettrait plusieurs dizaines de milliers de patients belges souffrants de ces symptômes. Reste à voir quelles sont les opportunités de remplacement, mais l'association précise que le Redomex fait tout de même partie des "médicaments jugés essentiels par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), soit des médicaments qui devraient être disponibles dans tous les pays".
"Malgré leurs belles promesses, les fabricants ne se soucient que peu du bien-être des patients. Leur compas reste braqué sur la maximisation du profit, et ce même quitte à devoir sacrifier la santé des patients"
Testachats poursuit : "La décision de Lundbeck met à nouveau en évidence les manquements du système actuel de production et de commercialisation des médicaments. Malgré leurs belles promesses, les fabricants ne se soucient que peu du bien-être des patients. Leur compas reste braqué sur la maximisation du profit, et ce même quitte à devoir sacrifier la santé des patients."
Hausse des coûts
L'association dénonce donc cette décision et précise que les alternatives sont soit de faire fabriquer des médicaments par les pharmaciens, ce qui coûte souvent plus cher, ou les faire importer d'autres pays étrangers. Et ce sans remboursement. "Alors que le prix d'achat est de 1,65 €, en l'absence de remboursement, le coût devrait se situer entre 8 et 13 €", avance Testachats.
"La facture pour le patient pourrait même au-delà de ces montants, étant donné que les prix pour les médicaments importés ne sont pas réglementés. Nous demandons donc à Franck Vandebroucke, ministre de la Santé publique, de prévoir immédiatement une exception en la matière afin de minimiser les coûts supplémentaires. Et ce, jusqu'à ce que les médicaments concernés soient à nouveau disponibles sur le marché belge", demande également l'association.
"Nous saluons la volonté du ministre d'imposer une amende à Lundbeck, l'industrie pharmaceutique n'étant presque jamais sanctionnée. Les montants récoltés au travers de cette amende pourraient être utilisés pour compenser le surcoût pour les patients", termine Testachats, qui en appelle à la solidarité internationale.
