"Ces derniers mois ont été terribles pour l'Horeca, mais évitons les propos outranciers"
Le cabinet Dermagne répond à l'interview, publiée dans nos colonnes, de Matthieu Léonard, le président de l'Horeca bruxellois, qui étrillait les socialistes.

- Publié le 02-07-2024 à 16h55
- Mis à jour le 03-07-2024 à 13h17

On remet l'église au milieu du village. Au cabinet du ministre de l'Economie Pierre-Yves Dermagne, l'interview du président de la Fédération Horeca Bruxelles publiée dans nos colonnes le week-end dernier, laisse un goût d'amer.
Pour rappel, le président de l'Horeca bruxellois s'en prenait fortement au parti socialiste, estimant que celui-ci s'y prenait mal pour soutenir le secteur et regrettant la restriction des recours aux flexi-jobs.
"C'est un des premiers secteurs avec lequel nous avons été en contact. On a travaillé pour sauvegarder l'emploi. Il y a eu des réductions de cotisations, des mesures énergétiques, généralisées à d'autres secteurs également, mais l'Horeca a pu profiter de mesures spécifiques. Dire que Pierre-Yves Dermagne n'a rien fait, c'est une drôle d'attitude", nous glisse le cabinet du ministre sortant.
"Ce genre de propos outranciers n'aident pas. Il y a eu des initiatives pour donner de l'air au secteur, mais il y a aussi eu des dérives."
Concernant la restriction des recours aux flexi-jobs, qui permet d'employer des personnes en parallèle à leur temps plein mais avec un plafond de 26 semaines ou 12 000 euros par an maximum côté rémunération, le cabinet alerte sur les dérives. Rappelons que c'est une mesure – fiscalement intéressante pour les patrons – censée apporter un peu d'air au secteur.
"Il y a eu des discussions, comme à chaque négociation budgétaire. Certains voulaient élargir les flexi-jobs à d'autres secteurs. Nous, on a dit stop, il fallait mettre des balises et remettre le cadre initial des flexi-jobs pour soutenir le secteur Horeca, alors que les coûts salariaux devenaient effectivement compliqués", précise le cabinet, qui affirme que de trop nombreux excès détournaient la mesure de son objectif.
"Il fallait recadrer le système. Il y avait trop d'abus. Et avant d'atteindre le plafond, il y a de la marge ! C'est une mesure pour donner de l'air sur les coûts salariaux, pas pour organiser un cadre de travail en temps normal et mettre la pression sur tous les travailleurs pour qu'ils acceptent ces flexi-jobs", précise encore le cabinet. "Il ne faut pas que ça se fasse au détriment de la sécurité sociale ! Ces flexi-jobs ont tendance à remplacer une partie des postes. Notre vision est de favoriser des emplois stables, et non des "zero hour contract" (contrats ultra-flexibles comme au Royaume-Uni, où les employés ont peu de droits face aux employeurs, NdlR)".
"On entend toujours l'Horeca se plaindre. C'est presque une culture d'entreprise. Après, il faut objectiver les choses. Ces derniers mois ont été terribles, ce n'est pas un job facile."
Quid des boîtes noires ?
Le patron de l'Horeca bruxellois estimait aussi que les boîtes noires, caisses enregistreuses taclant fortement la fraude à la TVA et le travail au noir, devraient être étendues aux snacks, qui en sont exemptés, ce qui forme une concurrence déloyale pour les autres établissements, ou à d'autres secteurs commerçants (salons de coiffure, etc.). "Le MR et l'Open VLD n'en voulaient pas au gouvernement", répond à ce propos le cabinet. "Certains étaient trop attachés aux foodtrucks ou aux cantines de stade, qui en sont exemptés", s'amuse notre source. "Rappelons que l'idée est d'aider les employeurs qui jouent le jeu", poursuit-elle.
À la question de savoir si l'Horeca se "plaint" tout le temps, la réponse est plutôt claire : "On entend toujours l'Horeca se plaindre. C'est presque une culture d'entreprise. Après, il faut objectiver les choses. Ces derniers mois ont été terribles (à cause de la mauvaise météo, NdlR), ce n'est pas un job facile. Mais on fait pas mal de choses pour eux. Et tous les gouvernements précédents l'ont fait. Restons de bon ton et évitons les boucs émissaires. Ce genre de propos outranciers n'aident pas. Il y a eu des initiatives pour donner de l'air au secteur, beaucoup de choses ont été faites mais il y a aussi eu des dérives", termine le cabinet.
