Bruxelles Mobilité s'adresse aux futurs nouveaux riches
Libre Eco week-end | A l'occasion du point d'orgue de la Semaine de la Mobilité, le Dimanche sans voiture, ce 22 septembre, la campagne 2024 de Bruxelles Mobilité mise sur un argument massue : le portefeuille des ménages. Une chronique de Frédéric Bouchar
- Publié le 22-09-2024 à 16h29

Ce dimanche 22 septembre, la Région de Bruxelles-Capitale deviendra la zone fermée aux voitures la plus importante d'Europe. Le Dimanche sans voiture, c'est le point d'orgue de la Semaine de la Mobilité, et, comme chaque année, l'occasion pour Bruxelles Mobilité de mettre en avant les quelque 30 services de mobilité partagée que la capitale propose à ses habitants et navetteurs, en complément voire à la place de la sacro-sainte voiture.
Si les campagnes de sensibilisation de Bruxelles Mobilité ont souvent joué sur l'impact environnemental ou la réduction du stress et du temps perdu dans les embouteillages comme raisons pour renoncer à la voiture, la campagne 2024 mise cette fois sur un argument massue : le portefeuille des ménages.
Comme le démontre notamment le dernier rapport World Energy Outlook de l'Agence internationale de l'énergie, l'argument économique est un facteur clé pour encourager l'adoption des transports publics. D'autant plus que les coûts associés à l'énergie fossile continuent de croître dans un contexte de transition énergétique mondiale. "De nombreuses personnes choisissent, presque de façon automatique, de posséder une voiture, sans tenir compte des coûts élevés, et souvent inutiles, qui y sont associés, explique Francesco Caccamese, stratège chez mortierbrigade, l'agence en charge de la campagne de Bruxelles Mobilité. Seules 10 % sont conscientes du coût total occasionné par la possession d'une voiture. En outre, il existe une idée fausse très répandue selon laquelle les autres modes de transport, tels que le partage de vélos, les transports publics ou le covoiturage sont chers. Ce qui conduit souvent à une décision irrationnelle, favorable à l'automobile, dans laquelle les coûts réels et les alternatives ne sont pas suffisamment examinés de manière critique."

La carte de l'humour décalé
Pour conscientiser à la problématique, mortierbrigade a joué la carte de l'humour décalé, en présentant les personnes qui optent pour des solutions de mobilité alternatives comme… des "nouveaux riches". En témoignent les vêtements et bijoux de luxe qu'ils exhibent fièrement et de manière ostentatoire, dans les trois affiches et la vidéo qui composent la campagne. "En montrant un monde où les gens peuvent devenir riches grâce aux économies qu'ils réalisent en passant à d'autres solutions de mobilité, nous voulons faire prendre conscience que ces économies peuvent être conséquentes, explique le créatif Fred Zouag. Nous avons volontairement choisi de pousser les extravagances vestimentaires, parfois perçues comme de mauvais goût, pour avoir un certain impact. C'est aussi un pied de nez à la voiture, qui a toujours été vue comme un signe extérieur de richesse."
Ce ton décalé est d'ailleurs en quelque sorte la marque de fabrique des prises de parole de Bruxelles Mobilité, et manifestement cette stratégie fonctionne. La dernière étude Polaris de D'Ieteren sur la mobilité, montre en effet qu'au sein des trois Régions, les Bruxellois sont les plus favorables aux transports publics : 71% les citent comme mode de transport envisagé dans un futur proche, devant la voiture (68%). À titre de comparaison, les transports publics ne sont cités que par 54% des Flamands et 43% des Wallons.
Annonceur: Bruxelles Mobilité
Agence: mortierbrigade
Médias: affichage, Internet