"Les jours des vols bon marché en Europe sont derrière nous"
La pénurie d'avions a un impact sur l'offre que proposent les compagnies aériennes.

- Publié le 27-12-2024 à 10h16

Les problèmes rencontrés dans les usines de Boeing et, dans une moindre mesure, chez Airbus ont un très gros impact sur les livraisons des avions. Résultat ? Les compagnies aériennes sont obligées d'utiliser leurs avions plus longtemps que prévu. Ce qui a de nombreuses conséquences, économiques, environnementales…
Et parmi ces conséquences, cette pénurie d'avions a un impact sur l'offre que proposent les compagnies aériennes. "Si vous comparez les vols qui existaient en 2019 et ceux opérés actuellement, vous constaterez qu'il y a plein de routes directes qui n'existent plus", expliquait récemment Morgan Foulkes, le directeur général adjoint d'Aci Europe, qui regroupe les aéroports du Vieux Continent. Selon le manager, qui s'exprimait dans le cadre d'une conférence organisée par Aviation Event début décembre à Sofia en Bulgarie, les compagnies européennes ont ainsi tendance à concentrer leur flotte sur "les routes qui leur rapportent le plus d'argent, quitte à délaisser les autres".
"L'interdiction de survoler l'immense territoire russe a des conséquences désastreuses pour les compagnies européennes."
Une explosion du prix des avions
Ce qui serait l'une des explications du bond spectaculaire de près de 30 % du prix des billets d'avion en Europe depuis cinq ans." Les jours des vols bon marché en Europe sont derrière nous", insiste M. Foulkes. Ces problèmes de connectivité et de prix élevés se retrouvent aussi sur les vols intercontinentaux, et plus particulièrement sur ceux entre l'Europe et l'Extrême Orient. "L'interdiction de survoler l'immense territoire russe a des conséquences désastreuses pour les compagnies européennes", développe Charles Schlumberger, spécialiste aérien pour la Banque Mondiale. "Avec ces détours imposés, un vol entre Helsinki et Tokyo est jusqu'à quatre heures plus long, celui entre Francfort et Shanghai met deux heures en plus. Cela représente un surcoût en carburant par vol allant de 20 000 à 45 000 euros pour les compagnies, ce qui est intenable, vu les faibles marges du secteur".
Résultat ? Soit les transporteurs du ciel font grimper leurs prix pour continuer à être rentables sur ces destinations, soit ils arrêtent ces lignes. C'est cette dernière tendance qui s'affirme ces dernières semaines. Tour à tour, Virgin Atlantic, British Airways, Lot, Lufthansa et SAS Scandinavian Airlines ont fortement limité, voire abandonné leurs vols entre l'Europe et la Chine. De quoi offrir un boulevard à leurs concurrentes chinoises qui peuvent continuer à survoler la Russie et grappillent des parts de marché sur ces liaisons.
