Capital à risque, régime unique, financements: "On va aider les start-up européennes à prendre leur envol"
Le manque d'accès au capital à risque et la fragmentation du marché européen entravent la croissance des jeunes pousses européennes. Plusieurs actions sont annoncées par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour y remédier.

- Publié le 29-01-2025 à 17h26
- Mis à jour le 29-01-2025 à 17h46

Il a suffi à Ursula von der Leyen de glisser quelques chiffres, lors de la présentation de son business plan en faveur de la compétitivité européenne, pour fixer l'ampleur des enjeux. Il en va, en particulier, de l'accès des start-up technologiques innovantes au capital à risque. "La part des fonds de capital-risque mondiaux levés dans l'UE, a martelé la présidente de la Commission, n'est que de 5 % ". Face à elle, l'Union européenne trouve les États-Unis, avec 52 %, et la Chine, avec 40 %. Autant dire que les jeunes pousses européennes ont souvent vite fait de se tourner vers les gros fonds d'investissement américains ou asiatiques quand elles veulent se déployer. Avec, comme effet collatéral fréquent, de tourner le dos au Vieux continent.
L'UE ne manque pourtant pas de capitaux privés. Loin de là. L'épargne des ménages européens, souligne Ursula von der Leyen, s'élève à près de 1 400 milliards d'euros, alors qu'elle ne représente qu'un peu plus de 800 milliards aux États-Unis. Comment, dès lors, expliquer que les start-up et les scale-up européennes en quête de financements ne bénéficient pas de cette manne financière ? C'est, surtout, la faute à la fragmentation du marché des capitaux intérieur, répond l'Allemande, qui précise que, chaque année, environ 300 milliards d'euros détenus par les ménages européens fuient l'UE. "Nous manquons d'un marché des capitaux efficace, capable de transformer l'épargne en investissements", insiste Mme von der Leyen.
"La priorité est à la mobilisation de plus de capitaux, tant privés que publics, afin d'assurer le succès de l'innovation "made in Europe" et d'encourager la prise de risque."
Afin de remédier à ce déséquilibre entre épargne privée et capital-investissement, la Commission s'engage à présenter une "union européenne de l'épargne et des investissements", dans le but de créer de nouveaux produits d'épargne et d'investissement (on ignore, à ce stade, la nature de ces produits), d'encourager les investissements en capital-risque et de garantir que les investissements circulent sans discontinuité dans toute l'UE. Du côté des financements publics, la Commission prévoit de recentrer les budgets de l'UE sur l'innovation et la technologie afin d'en accroître l'impact. La priorité est donc à la mobilisation de plus de capitaux, tant privés que publics, afin d'assurer le succès de l'innovation "made in Europe" et d'encourager la prise de risque.
Le soutien à la création et au développement d'entreprises technologiques innovantes en Europe passera, également, par un meilleur fonctionnement du marché unique. Ainsi, afin d'aider les jeunes entreprises à grandir en Europe sans devoir affronter 27 régimes juridiques différents, la Commission von der Leyen II présentera, dans les prochains mois, un "28e régime". Concrètement, les start-up et les scale-up innovantes pourront bénéficier d'un ensemble de règles unique – en matière de droit des sociétés, d'insolvabilité, de fiscalité, de travail, etc. – lorsqu'elles investissent et exercent leurs activités où que ce soit dans le marché unique. "Il est temps d'appuyer sur l'accélérateur, insiste Ursula von der Leyen. Il est dans l'intérêt de l'Europe d'aider nos start-up à réussir et à prendre leur envol".
