DeepSeek aurait-il volé des données à OpenAI ? "Il existe des preuves substantielles"
Des accusations qui sont remontées jusqu'aux oreilles de David Sacks, nouveau conseiller de la Maison-Blanche sur l'intelligence artificielle.

- Publié le 29-01-2025 à 10h39
- Mis à jour le 29-01-2025 à 15h56

Nouveau rebondissement dans la course technologique entre les États-Unis et la Chine. Quelques jours après la mise sur le marché du robot conversationnel chinois DeepSeek, qui a bouleversé le secteur et fait perdre des milliards de dollars à plusieurs entreprises américaines dont Nvidia, un possible cas de vol pourrait bien envenimer la situation.
En effet, son plus sérieux concurrent à ce jour sur le marché de l'IA, à savoir OpenAI (et Microsoft, qui détient 49 % du capital et a injecté plusieurs milliards dans l'entreprise), enquête actuellement sur une possible extraction illégale de données orchestrée par la startup chinoise, selon des informations provenant de Bloomberg.
"Des preuves substantielles"
À l'automne dernier, les équipes de sécurité de Microsoft ont détecté une activité inhabituelle sur l'interface de programmation d'OpenAI (API), le canal principal permettant aux entreprises et aux développeurs d'accéder aux modèles d'intelligence artificielle du créateur de ChatGPT. Selon les premiers éléments, des individus présumés liés à DeepSeek auraient siphonné une quantité importante de données via cette API. Alertée par Microsoft, OpenAI a aussitôt lancé une investigation.
Les entreprises en Chine "tentent constamment de reproduire les modèles développés par les entreprises américaines d'IA."
Mais le dossier prend également une tournure géopolitique. Interrogé sur la question, David Sacks, nouveau conseiller de la Maison-Blanche sur l'intelligence artificielle et les cryptomonnaies, n'exclut pas un vol de propriété intellectuelle orchestré par DeepSeek. "Il existe des preuves substantielles que DeepSeek a distillé les connaissances des modèles d'OpenAI", a-t-il affirmé sur Fox News. Une accusation lourde, qui alimente les tensions entre Les États-Unis et la Chine sur le contrôle des technologies stratégiques.
De son côté, OpenAI reste prudent mais vigilant. Un porte-parole de l'entreprise souligne à Bloomberg que les acteurs chinois et d'autres pays "tentent constamment de reproduire les modèles développés par les entreprises américaines d'IA". Pour protéger ses innovations, OpenAI assure mettre en place des "contre-mesures" et insiste sur la nécessité d'une coopération renforcée avec le gouvernement américain afin de limiter les risques de détournement technologique.
Pour l'heure, Microsoft, principal investisseur d'OpenAI, s'est refusé à tout commentaire sur l'enquête en cours malgré la demande du média américain. Quant à DeepSeek, elle n'a également pas répondu aux sollicitations.
