Des pertes financières colossales : 15 milliards de dollars partis en fumée au Moyen-Orient
Depuis le début de la guerre, les pays producteurs de pétrole et de gaz sont confrontés à des défis majeurs, subissant des pertes financières colossales.

- Publié le 13-03-2026 à 17h39
- Mis à jour le 13-03-2026 à 19h12

La facture va être salée pour les pays producteurs d'or noir. Alors que certains pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite ou encore Koweït) occupent en effet une position importante dans la production de ressources énergétiques comme le pétrole ou encore le gaz naturel liquéfié (GNL), la guerre qui secoue la région compromet désormais sérieusement leurs revenus énergétiques.
Selon les chiffres du Financial Times, depuis le début du conflit le 28 février, les pays du Golfe ont déjà perdu environ 15,1 milliards de dollars liés à l'énergie.
Le détroit d'Ormuz, toujours bloqué
La principale raison est la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite un cinquième des exportations mondiales de pétrole, principalement en destination du marché asiatique. Mais les approvisionnements en GNL en provenance du Qatar, deuxième producteur mondial, empruntent également ce corridor, faisant ainsi transiter 20 % du flux mondial de GNL.

Contrôlé par l'Iran, ce détroit est donc un lieu crucial, surtout en période de guerres et de conflits, le pays pouvant filtrer les exportations qui y transitent. Ce jeudi, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a d'ailleurs appelé à maintenir le détroit fermé, ce qui a accéléré la flambée des cours du pétrole, atteignant de nouveaux records. Depuis le début des hostilités, de nombreux navires ont été ciblés par des attaques, rendant le passage de plus en plus dangereux pour les bateaux. Les primes d'assurance ont également fortement augmenté.
Selon les estimations de la société d'analyse des matières premières Kpler, relayées par le FT, au moins 10,7 milliards de dollars de cargaisons de pétrole brut, de produits raffinés et de GNL restent donc actuellement coincées dans le détroit, incapables d'atteindre leurs destinations finales.

Les installations de pétrole et de gaz, visées
Si le détroit d'Ormuz reste donc paralysé, certaines attaques de drones ont également visé directement certaines installations énergétiques. Certaines compagnies ont donc dû prendre des décisions radicales : QatarEnergy, la compagnie publique qatarie, a directement annoncé la suspension de sa production de GNL et de ses produits dérivés, après une attaque iranienne contre deux de ses installations, notamment celle de Ras Laffan. Une décision qui avait provoqué une flambée des prix du gaz naturel. Selon les estimations, QatarEnergy aurait déjà perdu environ 571 millions de dollars depuis.

En Arabie saoudite, c'est la raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus grandes de la région, qui a été mise à l'arrêt après une frappe de drones iraniens. D'autres raffineries aux Émirats arabes unis ont également été ciblées.

À noter que certaines compagnies étrangères, comme TotalEnergies, ont également décidé de suspendre, ou sont sur le point de suspendre 15 % de leur production mondiale de pétrole et de gaz, dans plusieurs pays du Moyen-Orient comme le Qatar, l'Irak et en offshore, les Émirats arabes unis.
L'Irak parmi les plus exposés
Si certains pays, comme l'Arabie saoudite, tentent de réduire leur dépendance au pétrole depuis plusieurs années, les chiffres de Wood Mackenzie indiquent toutefois que le royaume saoudien aurait déjà, à lui seul, perdu plus de 4,5 milliards de dollars depuis le début de la guerre. Des pertes certes assez conséquentes, mais qui restent assez supportables pour les richissimes pays du Golfe qui peuvent compter "sur d'importants fonds souverains pour amortir l'impact à court terme", analyse le Financial Times.
En revanche, c'est surtout l'Irak qui se trouve parmi les pays les plus exposés, ses revenus dépendant encore à 90 % de son pétrole. Selon les médias irakiens relayés par le Courrier International, le pays cherche désormais d'urgence des nouvelles solutions pour continuer ses exportations de pétrole brut. Un potentiel acheminement terrestre du pétrole vers la Syrie ou via la Jordanie serait une possibilité envisagée par le gouvernement irakien alors que, ce jeudi, deux pétroliers ont été attaqués au sud du pays, faisant un mort et plusieurs disparus, ravivant les inquiétudes.