A la campagne, quatre-façades ou habitat léger... Quelles sont les envies des Belges dans l'immobilier ?
Une étude de CBC Banque&Assurance se fait l'écho des envies de propriété, d'espace et de mise au vert des Belges.

- Publié le 02-03-2021 à 12h38
- Mis à jour le 03-03-2021 à 15h15

Libre Immo | Le dossier Batibouw
"Les Belges et l'immobilier face au Covid-19", tel est l'intitulé du dernier Observatoire de l'immobilier réalisé par CBC Banque&Assurance sur base d'une enquête réalisée fin janvier auprès de 1043 Belges. Quels en sont les enseignements principaux ?
1. Être propriétaire
Quelque 63 % des sondés sont propriétaires et 26 % ont l'intention de le devenir. "Cela confirme le fait que le Belge a une brique dans le ventre", cadre Cédric Matte, directeur du marché Retail de CBC Banque&Assurance. Pour près de huit Belges sur dix, être propriétaire est important. C'est même une priorité pour 50 % d'entre eux. L'enquête montre que ceux qui investissent dans un projet immobilier le font avant tout en bon père de famille, afin de mettre celle-ci à l'abri (32 %). Pour 29 %, il s'agit d'une façon d'assurer sa pension une fois l'habitation payée et pour 19 % un moyen d'investir son argent. Un chiffre qui monte même à 29 % parmi les 25-34 ans. "On voit bien que l'aspiration à être propriétaire est importante en Belgique. Cela reste une démarche de vie", souligne Yves Hanin, professeur à la faculté d'architecture, d'ingénierie architecturale et d'urbanisme de l'UCLouvain. "On remarque cependant que les jeunes ont moins un rapport affectif avec le bien immobilier. Ils l'envisagent plus comme un investissement. C'est une tendance qu'on observe depuis près de 20 ans."

2. Les obstacles
Lorsqu'on leur demande quels sont les trois principaux obstacles rencontrés lorsqu'ils se lancent dans un projet immobilier, les sondés pointent avant tout le fait que les prix sont trop élevés (38 %), suivi de près par le problème des fonds propres insuffisants (37 %). Pour les 25-44 ans, ces chiffres grimpent même à respectivement 50 % et 47 %. "Les prix sont élevés alors que les quotités demandées par les banques augmentent. On assiste à une dualisation du marché : d'un côté, on a de plus en plus de personnes qui effectuent un deuxième achat à titre d'investissement pur, qui ont peu recours à l'emprunt et soutiennent le marché ; de l'autre, on a des jeunes qui veulent acquérir pour la première fois mais sont confrontés à une hausse des prix et des difficultés pour obtenir un crédit", décrit Yves Hanin.

3. Les conséquences de la crise sanitaire
Deux tiers des Belges estiment que la crise du Covid-19 n'a pas eu d'impact sur leur rapport à l'immobilier. Quelque 28 % des sondés avaient un projet immobilier avant le début de la crise. Parmi eux, 60 % l'ont réalisé ou sont en train de le réaliser. Près de 30 % ont dû le postposer et 12 % y renoncer. Mais 75 % de ceux qui ont dû postposer sont confiants quant à la concrétisation de celui-ci en 2021. "L'étude ne dit pas pourquoi ils ont postposé leur projet. Mais on peut faire des suppositions. Le marché a été un temps à l'arrêt. De plus, règne pour l'instant une incertitude", indique Cédric Matte. "Si 28 % des sondés ont postposé leur projet, ce chiffre monte à 36 % pour les 25-34 ans. Cela démontre bien que c'est un segment de la population plus vulnérable", met en garde Yves Hanin. Pour deux Belges sur dix, la crise sanitaire a modifié les critères de choix d'une habitation. Listant les trois critères indispensables dans le choix de leur future habitation, les sondés ont placé en tête un espace extérieur (58 %), suivi par une bonne performance énergétique (45 %) et un bien plus au vert ou à la campagne (36 %). "L'impact du premier confinement est clairement perceptible quant au souhait des Belges d'avoir un espace extérieur. D'autant qu'il a fait beau au printemps 2020…", rappelle Cédric Matte. "De même, le deuxième confinement et le télétravail imposé en hiver leur ont fait prendre conscience de leur consommation énergétique. Par contre, nous nous attendions à ce que le fait d'avoir un espace modulable dans son habitation pour le télétravail soit plus important. Or, seuls 17 % l'ont mentionné (29 % cependant parmi les télétravailleurs)." "Le fait que le Belge ne recherche pas nécessairement un espace modulable pour travailler tient peut-être à la taille des logements en Belgique, qui sont plutôt grands et ont une taille supérieure à la moyenne européenne", avance Yves Hanin. Parmi les biens que les sondés rechercheraient demain, vient en première position la villa quatre façades (49 %) devant l'appartement (23 %) et la maison deux façades (19 %). "Il conviendra de confirmer le retour en grâce de la quatre-façades, qui tend à reculer très significativement depuis quelques années dans la part des nouvelles constructions. Le temps nous dira si cette tendance est structurelle ou conjoncturelle", précise Yves Hanin. À noter que dans ce contexte de crise, près de quatre propriétaires sur dix ont l'intention de rénover leur habitation dans les douze prochains mois. Parmi ceux-ci près de huit sur dix accorderont une importance particulière à la performance énergétique/écologique de leur bien.

4. Les conséquences de la digitalisation
À la question de savoir "quel est le meilleur moyen de rechercher un bien immobilier", 65 % des sondés ont indiqué les sites d'annonces immobilières en ligne et les sites d'agences, loin devant le rendez-vous via une agence immobilière (12 %), le bouche-à-oreille (11 %) ou même les réseaux sociaux (6 %). Parmi les propriétaires et futurs propriétaires, deux sur dix ont déjà effectué une visite virtuelle. Un propriétaire sur dix a déjà souscrit un crédit hypothécaire entièrement en ligne. À l'avenir, un tiers des propriétaires et futurs propriétaires seraient prêts à souscrire un crédit hypothécaire de A à Z en ligne. "La digitalisation permet une certaine transparence du marché grâce à la multiplication de l'information", commente Yves Hanin. "Via les annonces, on peut facilement consulter différents biens. Toutes les banques sont sur Internet. Ce qui permet de comparer aisément les offres de crédit."