"Le coronavirus a conforté Knokke comme la leading place belge"
Ce n'est pas une règle, mais l'exploitation du déséquilibre entre offres et demandes locatives.

- Publié le 17-03-2021 à 12h45
- Mis à jour le 18-03-2021 à 15h28

Libre Immo | Le dossier
Sur le marché locatif, Knokke-Heist a pour particularité de remplir davantage les semaines d'été que celles des congés scolaires de Pâques. C'est qu'habituellement, en avril, ses potentiels afficionados visent les plages de sable blanc et les hamac des Caraïbes ou d'Afrique du Nord, voire les pentes enneigées de France, d'Italie ou de Suisse. Alors qu'en été, ils acceptent de se laisser aller à la douceur du climat belge sur fond de rencontres d'amis, de connaissances, de contacts, qui au golf ou au tennis, qui sur la digue, dans les galeries d'art ou dans les restaurants... Surtout s'il s'agit de la très mondaine première quinzaine d'août.
Pour cette année 2021 post Covid et frontières cadenassées, la donne a quelque peu changé. "Tout est loué pour l'été, ce qui est presque normal, mais c'est quasiment aussi le cas pour Pâques, ce qui est, par contre, totalement inédit", indique Thibault Vanden Berghe, le patron de l'agence immobilière Het Zoute. "Depuis un an, le nombre de demandes est époustouflant. Par rapport à l'été 2020, il y a quasiment 20 à 25% de demandes en plus cette année. Et pour la période de Pâques, étant donné qu'il n'y a pas eu de Pâques 2020, il y a eu facilement 30 à 40% de demandes en plus qu'en 2019. Si quelque chose se libère - cela arrive parfois - c'est directement loué. Même si je sais qu'il y aura toujours un petit taux de vacance."
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Le luxe cartonne
Il faut dire que l'offre est sensiblement moins conséquente qu'habituellement puisque les propriétaires qui ont pu se le permettre et s'y sont pris bien à temps ont libéré moins de semaines qu'habituellement. Ainsi, pour Pâques, certains ont gardé celle qui englobe le week-end pascal et n'ont mis que l'autre sur le marché.
Toujours est-il que depuis deux semaines, deux de ses collaboratrices travaillent à temps plein sur les locations. "Appels téléphoniques, mails, remises d'offres, signature de contrats..., cela n'arrête pas."
Si l'ensemble du marché fonctionne très bien - "mes confrères d'Albert Plage et de Duinbergen me le confirment" , ajoute l'expert - il semblerait que c'est encore mieux dans le domaine du luxe dont son agence est une des représentantes. "Je dirais même le grand luxe, ajoute Thibault Vanden Berghe. Si j'avais eu dix villas avec piscine à louer, elles l'auraient toutes été. Parce qu'il n'y a qu'un Zoute. Le Corona a conforté Knokke comme la "leading place" belge. La station n'a pas de concurrentes. C'est ce qu'il y a de plus exclusif en Belgique : galeries, beaux magasins..."

Loyers excessifs le temps d'une année
Ceci à des tarifs qu'il dit peu élevés par rapport à ceux qui sont pratiquées dans les stations de sport d'hiver ou sur la Côte d'Azur. "Au Zoute, le luxe n'est pas encore très cher", assure-t-il. Quand bien même certains propriétaires, conscients qu'il y aurait un afflux de demande cette année, ont décidé d'en profiter. Voire de très bien en profiter. "Certains propriétaires ont augmenté fortement les loyers", convient Thibault Vanden Berghe. "Surtout ceux de biens d'exception. J'ai un peu de mal à l'avouer, mais les hausses peuvent aller jusqu'à 30% !" Ce qui n'est pas le cas des autres stations. Ceci sans pour autant lâcher la bride sur la durée des locations : à Knokke, et au Zoute en particulier, c'est à la quinzaine que les biens se louent, pas à la semaine...
"Je les ai en tous les cas prévenus que ce serait exceptionnel et que l'an prochain, ils devraient sans doute revenir aux tarifs de 2020, voire de 2019 ", ajoute-t-il. "Car je ne peux imaginer que ceux qui ont passé deux été à la mer, en 2020 et 2021, y reviendront une troisième fois. Ils iront ailleurs, c'est sûr. Les propriétaires devront alors faire montre de moins d'ambition."
Les Francophones de retour à Knokke
Par contre, tout comme à Coxyde, Nieuport, Middelkerke, Le Coq ou Blankerberge, l'an dernier, la station la plus septentrionale de la côte a vu débouler sur son marché de nouveaux locataires. Qui sont revenus cette année. "Les habitués sont là, confirme le dirigeant de l'agence Het Zoute, mais la nouvelle clientèle accueillie l'an dernier les a rejoints. Il s'agit principalement de familles avec des jeunes, des adolescents, à qui elles offrent de pouvoir enfin sortir, se délasser... Et, à y regarder de plus près, surtout des Bruxellois francophones." A l'inverse de l'Ardenne qui attire davantage les Néerlandophones. "Les vacances à la mer qui, au fil du temps, étaient devenues des deuxièmes vacances sur l'année, voire des troisièmes sont cette année des premières vacances. On est sur un petit nuage", sourit-il.
Et ces familles optent pour de plus grandes superficies. "Plus c'est grand, mieux c'est", confirme Thibault Vanden Berghe. "Les deux chambres partent plus vite que les studios, et les trois ou quatre chambres plus vite que les deux chambres. Idem pour les villas de quatre ou cinq chambres. Cela a toujours été le cas à Knokke, au Zoute en particulier, mais c'est encore plus frappant cette année. La 'bulle' familiale n'a pas vraiment cours ici. Les parents apprécient que leurs enfants soient avec d'autres enfants, et souvent prennent directement les copains avec eux."