"Les prix augmentent chaque année dans les Alpes françaises", fort appréciées des acheteurs belges
Le confinement a été un véritable déclencheur pour les candidats acquéreurs qui hésitaient encore. Les Belges sont un public cible, mais… après les Anglais.

- Publié le 03-12-2021 à 10h01
- Mis à jour le 06-12-2021 à 16h50

Le marché des biens immobiliers dans les Alpes françaises est très dynamique, et les Belges y sont bien présents, comme le confirme Charles-Antoine Sialelli, directeur Alpes chez Athena Advisers, spécialiste de l'immobilier de prestige.
Comment se porte le marché de la vente en montagne ?
Très bien. Tout ce qui est mis sur le marché part facilement. On construit et on rénove dans toutes les stations. On note une amélioration des constructions, une montée en gamme. Le confinement a été un véritable accélérateur pour tous les clients qui hésitaient. Même quand les remontées mécaniques ont été fermées, les taux de remplissage ont été bons et nous avons réalisé de belles transactions. Les gens ont découvert d'autres activités sportives ou ludiques que le ski alpin et ont vécu la montagne avec un grand "M". Nous constatons aussi que nous sommes sur des budgets élevés, qui, je pense, ne vont jamais baisser. Les prix augmentent chaque année, toutes stations confondues.
Est-on plus sur du neuf ou de l'ancien ?
Surtout sur du neuf. Le marché de la revente est plus limité car de nombreux propriétaires gardent leur bien qui se transmet de génération en génération. On a parfois certains clients qui revendent leur bien mais, le plus souvent, c'est pour acheter plus grand. Le neuf a la cote. Notamment grâce aux frais de notaire réduits et à la possibilité de récupérer la TVA si le bien est mis en location au minimum la moitié de l'année. Mais il faut savoir qu'on ne fait pas de différence entre l'hiver et l'été, la haute ou la basse saison.
Vous parlez de prix élevés. C'est-à-dire ?
Tout dépend des stations bien sûr. L'amplitude est très large : de 5 000 à 30 000 euros le mètre carré. Ces derniers prix se retrouvant dans des stations comme Méribel, Courchevel, Megève… Dans une station bien établie, on est vite à 10 000 euros le mètre carré. Je ne parle pas des microsurfaces de moins de 50 m², qui deviennent plus rares dans les nouvelles constructions.
La demande est-elle plus forte pour les grandes surfaces ?
Certainement. À une époque, un appartement de deux pièces faisait 25 m². Aujourd'hui, on est plus à 35-40 m². En outre, les clients veulent plus de couchages pour profiter de vacances en famille. Ce qui fait que si, auparavant, les promoteurs construisaient surtout des studios et des appartements d'une et deux chambres, on est plus maintenant sur de grands appartements de trois ou quatre chambres. La demande pour des chalets est également importante mais ceux-ci sont souvent dans des situations plus décentrées, moins proches des remontées mécaniques. Dans des immeubles à appartements, on peut trouver de très beaux biens au dernier étage, avec un séjour cathédrale, tel qu'on peut en avoir dans les chalets.
Les Belges sont-ils des amateurs importants ?
Les plus gros acheteurs dans les Alpes françaises sont les Anglais, qui sont sur des budgets très élevés. Les Belges sont très présents également et ont les moyens. Les Français sont aussi amateurs, naturellement. Les Hollandais achètent mais recherchent des biens souvent moins chers.
Quel est le profil des clients belges ?
On trouve surtout deux types de profils. Tout d'abord, le jeune couple d'actifs qui recherche un investissement et pour qui la dimension du revenu locatif est primordiale. Et là, on distingue le couple sans enfant qui va opter plus pour un appartement avec un lit et un lit superposé d'une surface moyenne de 50 m² pour un budget de 350 000 à 500 000 euros ; et le couple avec enfant(s) qui va prendre plutôt un appartement de deux chambres avec, en plus, une cabine d'une superficie de 70-80 m² pour un budget autour des 700 000-800 000 euros. L'autre profil est celui du "bon père de famille" âgé de 50-60 ans qui va privilégier la qualité du bien aux revenus locatifs. Il cherche un bien plus grand, de l'ordre des 100-120 m² avec trois ou quatre chambres et dispose d'un budget plus conséquent. Dans une station comme Méribel, par exemple, on parle d'un budget de 2 à 2,5 millions d'euros. J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus d'argent disponible. Et l'immobilier reste toujours une façon d'investir ses fonds.
