La vue sur mer plus que jamais prisée à Ostende
Le dossier de la Libre Immo | Le littoral belge, sur ses 67 kilomètres, attire toujours autant les touristes, les retraités ou les acquéreurs de seconde résidence. Mais aussi, comme sur la Reine des Plages, les amateurs de bonnes affaires.
- Publié le 13-03-2025 à 10h02

Vous la préférez chic et clinquante, populaire, charmante, "à poil", naturelle, citadine, discrète, villageoise, maritime ou encore sportive ? La Côte belge, sur ses 67 kilomètres, a beaucoup à offrir à ses visiteurs d'un jour ou d'une vie.
À tout seigneur tout honneur, on commencera par la principale ville, la plus accessible en transports en commun depuis le reste de la Belgique, et parce que, même si elle n'a plus forcément le même éclat que la Reine des Plages de la Belle-Époque, Ostende reste un phare pour qui apprécie autant la plage que les plaisirs d'un bon restaurant ou d'une sortie culturelle voire, mais on ne l'encourage pas, les plaisirs du jeu.
Entre 2023 et 2024, les prix des appartements sur la digue ont grimpé de 5 %, passant de 315 000 € à 330 000 €.
En matière immobilière, Ostende a plutôt bien tiré son épingle du jeu en 2024, comme nous l'explique le notaire Bart Van Opstal, toujours aussi volubile et passionné quand il évoque sa ville. "Un chiffre a particulièrement retenu mon attention, à savoir celui de l'évolution des prix moyens des appartements sur la digue. Entre 2023 et 2024 ils ont ainsi grimpé de 5 %, passant de 315 000 € à 330 000 €. C'est beaucoup plus que la moyenne belge (+ 2 %). En 2020, un appartement sur la digue d'Ostende se vendait en moyenne 276 000 €. Donc la plus-value est vraiment énorme."
Des acquéreurs plus vieux sur la digue
Ce qu'a aussi constaté le notaire, c'est l'âge moyen des acquéreurs à Ostende. "Ici aussi, il y a une nette disparité entre la digue et le reste de la ville : elle est de 51 ans pour les amoureux de la vue sur mer, et 48 ans pour les citadins. Je vois deux profils à ces acheteurs plus âgés sur la digue : on a des retraités qui, après avoir vendu leur bien, à Bruxelles, par exemple, viennent s'installer dans un environnement immobilier d'un bon rapport qualité prix, qui leur laisse encore une marge pour vivre agréablement ; ce qui est aussi le cas de ceux qui souhaitent y acquérir une seconde résidence car même à 330 000 €, le prix reste attractif par rapport à des biens semblables à Knokke ou Nieuport, beaucoup plus chers."
Pour le notaire, la situation de la digue est vraiment étonnante car ailleurs à Ostende, il observe une baisse des prix des appartements, passés de 240 000 € en 2023 à 230 000 € en 2024, "ce qui correspond à la baisse du marché observée un peu partout en Belgique, qui correspond à un rééquilibrage après les folles années du Covid."
L'immobilier, sur la digue ostendaise, n'est pourtant pas récent ; on est même plutôt sur des immeubles des années 70-80, "mais le parc a été bien rénové." "On observe d'ailleurs que beaucoup d'acquéreurs ont été à l'affût des bonnes affaires qu'ils ont ensuite rénovées soit pour en faire leur seconde résidence, soit pour les revendre avec une belle plus-value."
Pour ce qui est des maisons et villas à Ostende, leur prix a connu une belle hausse entre 2023 et 2024, passant de 270 000 à 295 000 €, "une tendance qu'on observe sans discontinuer depuis cinq ans, à l'inverse des appartements qui avaient connu un déclin des prix généralisé en 2022", note Me Van Opstal qui voit plusieurs raisons à cette hausse des maisons : "Tout d'abord, Ostende est attractif, y compris pour les jeunes. Mais ce dernier public souhaite des biens qu'Ostende n'a pas en grande quantité, à savoir une maison en bon état avec un garage et un jardin. En revanche, pour qui veut acquérir un bien bon marché mais demandant quelques rénovations et les mises en conformité énergétique, alors la ville leur tend les bras. On a constaté depuis le Covid que beaucoup de Bruxellois sont venus s'installer à Ostende et y télétravaillent quelques jours par semaine."
Urbanisme de deuxième ligne et Oosteroever
Un tel public se montre aussi intéressé par l'urbanisme de deuxième ligne que développe aussi Ostende. "Ce sont les zones juste en retrait de la digue, avec des immeubles peu limités en hauteur. Donc, il y a beaucoup de promotions pour des immeubles de 25 étages dans lesquels, dès le douzième, on a vue sur mer. C'est notamment le cas de l'ancienne zone portuaire professionnelle, d'où partait la malle, l'Oosteroever", non loin du Fort Napoléon et du célèbre phare Lange Nelle. C'est un tout nouveau quartier développé depuis 2014 par le groupe Versluys, avec son propre port de plaisance, sa propre plage et ses dunes, qui sort progressivement de terre.

