Avoir une famille et pas de voiture, c'est possible : "Notre voiture dormait littéralement devant la maison"
Piétons, cyclistes, automobilistes, adultes, enfants… La mobilité s'impose à tous. Que ce soit pour des questions de sécurité routière, d'environnement, de qualité de vie, d'efficacité de déplacement, d'attractivité économique ou de loisirs. Cette semaine de la mobilité est donc l'occasion de faire le point sur les enjeux pour les grandes villes, comme Bruxelles.
- Publié le 16-09-2021 à 09h34
- Mis à jour le 16-09-2021 à 15h18

C'est le début d'une nouvelle ère pour la famille Henkart qui habite à Watermael-Boitsfort, dans le sud de Bruxelles. Il y a un an et demi, le père, Philippe, a proposé à son épouse et ses trois ados, âgés de 11, 15 et 18 ans, de délaisser la voiture familiale. "On utilisait ce véhicule que deux fois par semaine, une fois pour aller faire des courses et une autre pour aller déposer l'un des enfants à son sport,explique le paternel.Notre voiture dormait littéralement devant la maison."
La décision a été acceptée de manière différente par les membres de la famille. "Notre aînée a trouvé cette démarche très bizarre. Cela faisait 18 ans qu'on avait une voiture avec elle. Celle du milieu n'était ni pour ni contre. Cela ne change pas grand-chose pour elle qui allait déjà en transports communs à l'école." Sans conteste, le plus enthousiaste a été le benjamin de la famille. "Il ne veut plus qu'on rachète une voiture, car autrement il va perdre son titre de "Mr Ecologie" à l'école. Il est le seul de sa classe à ne pas avoir de voiture dans son foyer. Notre petit dernier est tout content de se faire déposer en scooter avec son casque et sa visière. Il joue à Top Gun." Du côté de la belle-famille de Philippe, cela a aussi été l'étonnement le plus total. "Mon épouse est fille de concessionnaire. L'une de ses conditions pour accepter ce changement a été qu'on utilise un service de livraison pour les courses."
Un gain de 300 euros par mois
Les trajets de Madame Henkart, qui travaille le long du canal à Bruxelles, se font désormais essentiellement en vélo électrique pliable. Quant à Philippe, il sort rarement sans son scooter. "On loue des véhicules quand on en a besoin, via des services de voitures partagées du style Poppy ou Cambio, voire des agences traditionnelles pour les grandes vacances. Parfois on demande aussi des véhicules à prêter à des amis ou à la famille. Il nous arrive aussi de prendre le taxi."
Le gain financier de ce nouveau mode de vie est estimé à 300 euros par mois. "L'aspect financier a joué, mais ce n'est vraiment pas l'essentiel : nous avions une volonté écologique, l'envie de passer à autre chose." Philippe conseille à tous ceux qui hésitent à délaisser leur voiture de franchir le pas. "On ne regrette pas notre choix une seconde, même s'il n'est pas définitif. Peut-être qu'on reprendra une voiture un jour. Il faut juste davantage anticiper les choses : on ne peut pas décider vendredi soir d'aller samedi matin à la mer". Le Boitsfortois est aussi conscient que ce type de mobilité n'est pas possible pour tout le monde. "On habite dans un coin qui est plutôt bien desservi par les transports en commun. Avec des enfants en bas âge, c'est aussi plus compliqué."