Le constructeur chinois GWM prêt à prendre l'Europe d'assaut et... à faire de l'ombre aux grandes marques allemandes
GWM va investir l'Europe avec ses marques Wey et Ora. Le groupe va proposer un SUV hybride et une offre 100 % électrique à des prix plus abordables. De quoi séduire le consommateur avec une offre faisant la part belle à la technologie.

- Publié le 14-09-2021 à 08h03
- Mis à jour le 14-09-2021 à 08h04

Deux stands installés dans deux palais différents où l'on retrouvait notamment BMW et Mercedes : le constructeur chinois GWM a incontestablement voulu marquer les esprits la semaine dernière lors du salon IAA de la mobilité à Munich, profitant de l'occasion pour annoncer sa prochaine offensive commerciale sur le Vieux Continent.
GWM, pour Great Wall Motors, est en fait le dernier en date des constructeurs chinois à vouloir investir le marché européen, où l'on retrouve déjà les marques Lynk&Co et Polestar, qui appartiennent toutes deux au groupe Geely, également propriétaire de Volvo.
GWM, c'est quelque 784 000 véhicules vendus au cours des huit premiers mois de l'année sous ses différentes marques : GWM Pickup, Haval, Ora et Wey. Le volume d'exportations reste modeste, avec 11 % du total, avec toutefois une croissance de 156 % sur base annuelle.
Le groupe veut justement passer à la vitesse supérieure et va mettre le cap sur l'Europe au cours des prochains mois, avec l'Allemagne comme cœur de cible dans un premier temps pour sa marque Wey.
La volonté est précisément d'aller sur les terres des marques premium allemandes que sont Audi, BMW et Mercedes avec une proposition solide et attrayante, à moindre coût bien entendu.
Présenté à Munich, son fer de lance sera le modèle "Coffee", le nom provisoire de ce SUV hybride de belle facture qui ne détonne pas par rapport à la concurrence, bien au contraire. Il est surtout bourré de technologies, dont une reconnaissance d'objets en 3D qui doit apporter un surcroît de sécurité aussi bien aux occupants du véhicule qu'aux autres usagers. Son autonomie électrique est de l'ordre de 150 kilomètres, alors qu'elle se décline plutôt en dizaines de kilomètres pour les véhicules hybrides. Et, ce qui ne gâte rien pour le marché allemand, la vitesse de pointe peut atteindre 235 kilomètres/heure. Le tout pour environ 50 000 euros.
Toute ressemblance avec Porsche…
GWM a aussi présenté le modèle Cat de sa marque Ora, dont l'avant semble quand même avoir un air de famille avec la Porsche 911. Un hasard, sans doute.
Cette fois, on n'est plus dans le SUV aux dimensions quelque peu démesurées, mais dans le segment des voitures compactes avec un look rétro.
Surtout, Cat répond comme par enchantement à la tendance à l'électrification du parc automobile européen. Elle est 100 % électrique avec une autonomie de 300 à 400 kilomètres.
Bien sûr, ce ne sont pas deux modèles qui vont révolutionner le monde automobile. Sauf que le groupe GWM a de l'ambition. Ora a construit son premier véhicule en 2018. Trois ans plus tard, c'est le marché européen qui est prospecté.
"L'Europe est un marché stratégique important pour nous", a souligné Johnson Qiang, vice-président pour l'Europe du groupe GWM. "Nous voulons apporter une nouvelle expérience pour le consommateur, car Ora est bien plus qu'une voiture." Elle se profile comme un "compagnon de mobilité". Quoi qu'il en soit, Cat va sortir ses griffes puisque la marque compte bien présenter un total de dix modèles à l'horizon de 2025.
Construites en Europe ?
Cette fois, le prix tournerait autour des 35 000 euros, pour une voiture 100 % électrique également à la pointe de la technologie. De quoi logiquement retenir l'attention du consommateur.
Les principaux marchés explorés sont bien entendu les pays où les ventes de voitures électriques sont les plus importantes, comme l'Allemagne, la France ou encore l'Espagne. D'autres suivront un peu plus tard.
Reste qu'après un faux départ au début de la précédente décennie, quand GWM avait privilégié les modèles low cost pour se faire une place sous le soleil européen, le groupe chinois entend bien cette fois taper dans le plus haut de gamme avec des voitures très bien équipées sur le plan technologique et dont les précommandes débuteront en fin d'année.
Et, qui sait, construire ses voitures sur le Vieux Continent, qui est l'objectif du groupe lorsque les ventes annuelles dépasseront les 50 000 véhicules par an. Manifestement, GWM n'est pas là pour faire de la figuration.
Et en Belgique ? Polestar en tête des ventes chinoises
Quelque 800 voitures chinoises ont été immatriculées depuis le mois de janvier en Belgique, avec parfois des progressions impressionnantes sur base annuelle (+355 % pour Polestar) qui s'expliquent essentiellement par leur arrivée récente sur le marché (2020, justement, pour Polestar). Avec 542 immatriculations au cours des huit premiers mois de l'année, la voiture 100 % électrique Polestar n'a pas à rougir de ses premiers pas sur le marché belge, même si Tesla garde une belle longueur d'avance (1 776). Lynk&Co, qui appartient également au groupe chinois Geely, est sous la barre des 100 véhicules, avec 92 immatriculations, contre 45 sur l'ensemble de l'année dernière. Avec 46 immatriculations, DFSK a d'ores et déjà dépassé son niveau de 2020 alors qu'Aiways, distribué par Cardoen, est à 39 immatriculations (8 en 2020). Soit quelque 800 véhicules d'origine chinoise sur un total de 287 000.
