Avec son offre sur le compte à terme, Belfius répond à l'attaque d'ING : "Ce fut une décision difficile"
La banque détenue à 100 % par l'État belge s'aligne sur le taux de 3,80 % bruts du compte à terme lancé par ING.

- Publié le 30-08-2024 à 14h51
- Mis à jour le 30-08-2024 à 17h49
La bataille pour récupérer les milliards du bon d'État lancé il y a un an fait rage. Ce vendredi, à l'occasion de la présentation des résultats au 30 juin, Belfius a annoncé le lancement d'un compte à terme offrant un taux brut sur base annuelle de 3,80 % pour des échéances de six et douze mois. La banque s'aligne ainsi sur le taux proposé par ING. Cette offre, qui démarre le 2 septembre, ne vise que l'argent frais. "Ce fut une décision difficile. Il fallait réagir aux conditions du marché. On va continuer à encadrer cette offre défensive par un éventail de produits, dont les bons de caisse", a souligné Olivier Onclin, le responsable de la banque de détail au sein du comité de direction. "Nous apportons une offre extrêmement large et aussi une réponse à une attaque", a souligné de son côté le CEO Marc Raisière.
D'après Olivier Onclin, l'offre d'ING annoncée lundi matin n'a pas entraîné des sorties des capitaux chez Belfius mais a suscité "beaucoup de questions qui nous ont fait comprendre qu'elle avait un certain impact". Contrairement à ING, la durée de l'action n'est pas valable jusqu'à une certaine date. "On pourrait arrêter notre offre à tout moment", a-t-il expliqué. L'institution entend limiter l'effet négatif sur ses résultats, sachant que le taux de 3,80 % est supérieur aux conditions actuelles sur le marché. "Quatre banques américaines ont fait faillite en 2023", a rappelé Marc Raisière, qui "sans être alarmiste" a ainsi voulu faire comprendre que la banque allait agir avec prudence.
Autres échéances
Belfius espère aussi orienter ses clients vers des produits avec "d'autres échéances" comme les produits structurés (de 2 à 4 ans) qui offrent "jusqu'à du 4 %". Et le CFO Johan Vakelekom d'insister sur l'utilité pour les clients de "diversifier les échéances". Une obligation "à impact social" d'un an sera également proposée avec un rendement net annuel de 2,17 % (3,10 % bruts). L'argent récolté servira à financer des projets locaux spécifiques comme des écoles, des hôpitaux, ou des maisons de soins.
KBC et CBC ont pour leur part annoncé la couleur en fin d'après-midi. C'est d'une part un bon de caisse à un an de 3,10 % (taux net de 2,17 %) et deux comptes à terme, l'un à 6 mois (4 % sur base annuelle, soit 2,80 % nets) et l'autre de 13 mois (4,12 %, soit un taux net de 2,88 %). Il doit s'agir d'argent frais pour les comptes à terme. Quant à BNP Paribas Fortis, elle avait lancé un bon de caisse au taux brut de 3,10 % à un an, jugé intéressant. Mais c'était avant l'offensive d'ING… Peut-être sortira-t-elle un lapin de son chapeau lors de la présentation de ses résultats le 6 septembre. Du côté des plus petites banques, Keytrade annonce ce vendredi un compte à terme à un an "sans conditions restrictives" donnant du 3,40 % bruts (2,38 % nets). La banque Argenta a, elle, déjà fait savoir qu'elle n'allait pas s'aligner sur le taux de 3,80 %.
Des agences ouvertes sans rendez-vous
Belfius a aussi profité de la publication de ses résultats semestriels pour annoncer l'ouverture de ses agences sans rendez-vous. Pour les agences dans les villes, ce sera cinq jours par semaine, durant une demi-journée. Et dans les villages, ce sera deux jours par semaine. "Nous avons remarqué ces derniers temps que la satisfaction de nos clients était mise sous pression par un manque d'accessibilité. C'est pourquoi nous nous engageons à travailler sur cette problématique", a commenté Olivier Onclin.
Côté chiffres, Belfius affiche un résultat net consolidé stable après impôts de 482 millions d'euros. La contribution de Belfius Banque diminue légèrement et s'établit à 330 millions alors que celle de l'assurance augmente de 32 % pour atteindre 152 millions d'euros.
Marc Raisière a été interrogé sur un éventuel intérêt pour l'assureur Ethias. "Si les actionnaires veulent rapprocher les deux institutions, nous analyserons leur demande avec beaucoup de sérénité. Je propose d'attendre la formation du gouvernement fédéral et flamand", a répondu le CEO.