Prix de l'énergie, inflation, changement climatique... Quelles classes d'actifs privilégier ?
Les investisseurs devront faire face à de nombreux défis durant les mois à venir. Quelles classes d'actifs privilégier ?
- Publié le 03-09-2022 à 11h04
- Mis à jour le 11-09-2022 à 23h12

Libre Eco week-end |
Après un été particulièrement chaud et sec, avec la rentrée, il est temps de voir ce que nous réserve l'avenir sur les marchés financiers. Quels seront les éléments qui constitueront des défis pour les investisseurs ? Quelles classes d'actifs faut-il alors privilégier ?
"L'élément déterminant en ce début d'automne sera le prix du gaz. Ce prix pourrait accentuer la dégradation de la situation économique et mener à une récession en Europe. On peut penser que la récession va s'installer en Europe durant les troisième et quatrième trimestres de 2022 et au début de l'année 2023", prédit Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque et assurance. Avec des pressions sur les prix de l'énergie, l'inflation ne reculera pas. Les banques centrales devront alors augmenter leur taux d'intérêt.
Mais, au-delà de l'augmentation des prix de l'énergie, la hausse du prix du gaz pose une question plus large : celle d'un changement de paradigme dans nos modes de consommation et d'un point de vue environnemental. "Au-delà de ces prix, c'est plutôt la notion de dépendance qui doit faire l'objet d'une large réflexion tant pour des raisons économiques que climatiques. Dans ce contexte, tout le monde devrait s'adapter : les entreprises, les consommateurs mais aussi les investisseurs", prévient Bernard Keppenne.
Nous sommes dans une situation telle que si nous ne prenons pas les bonnes décisions, nous risquons un effondrement de nos économies. "La crise climatique couplée à un choc de l'offre provoqué par la guerre en Ukraine a accentué la vitesse et le niveau de l'inflation. Il faudrait développer davantage une vision à long terme et non pas se focaliser sur les évolutions au jour le jour", conseille cet économiste. Et, si demain la Chine s'avisait d'envahir Taiwan, ce serait l'arrêt total de l'économie puisque celle-ci dépend de la Chine à concurrence de 80 % pour ses importations de semi-conducteurs. Il n'existe pas d'alternatives de production sur le sol européen. L'Europe doit donc diminuer sa dépendance, c'est un de ses plus grands défis.
Des valeurs à éviter
Comment intégrer ces considérations dans ses placements ? "Il est évident que les hausses de taux d'intérêt ne sont pas bonnes pour les bourses. Aujourd'hui, les résultats des entreprises ont été meilleurs que prévus. Mais cela a surtout été le cas pour les entreprises actives dans le secteur de l'énergie. Les entreprises qui ont pu répercuter la hausse des prix de l'énergie dans leurs prix ont aussi pu tirer leur épingle du jeu. Mais ce pricing power a ses limites", explique Bernard Keppenne.
Il conviendra donc d'être particulièrement sélectif dans le choix des valeurs en portefeuille. Il sera alors préférable d'éviter les sociétés actives dans la consommation de base, de luxe ou les constructeurs automobiles. La santé peut être privilégiée car c'est un secteur contracyclique. La prudence reste de mise concernant les valeurs technologiques qui subiront les effets de la hausse des taux d'intérêt et le resserrement de la consommation en raison de la baisse du pouvoir d'achat des ménages. En ce qui concerne les obligations, il est encore un peu tôt pour considérer les obligations européennes. Pour les obligations en dollars, il faut être attentif à la hausse intervenue sur cette devise et donc éviter d'acheter du dollar pour le moment.
Pas que le prix du gaz, le climat aussi !
Dans une récente étude, les analystes du gestionnaire Schroders mettaient en évidence que "les processus climatiques constituent un risque croissant pour les entreprises. Les entreprises qui contribuent de manière significative au changement climatique, qui ne s'attaquent pas aux risques que le changement climatique fait peser sur leurs activités ou qui se présentent aux consommateurs comme plus écologiques qu'elles ne le sont en réalité sont particulièrement vulnérables".
Les investisseurs qui orientent leurs placements vers des entreprises qui sont des leaders en matière climatique pourront alors obtenir des rendements plus intéressants.