Placements : l'Europe est-elle un bon choix ?
La place des marchés américains est prépondérante dans les indices mondiaux. Et l'Europe dans tout ça ?
- Publié le 22-04-2024 à 11h01

La meilleure protection dans un portefeuille est la diversification. Répartir ses actifs entre classes d'actifs, régions, secteurs, devises et entreprises peut donc avoir du sens. Mais, dans cette optique, faut-il absolument se focaliser sur une région ?
Dans un indice mondial, les États-Unis représentent 60 % et l'Europe environ 30 %. "Pour notre part, nous optons pour une diversification plus logique et plus ciblée. C'est ainsi que, pour les placements obligataires, nous avons un focus sur la zone euro. Mais, concernant les actions, nous privilégions une allocation plus large sur les actions internationales reprises dans le MSCI world", explique Wim Vermeir, directeur des investissements chez AG.
"Pour l'investisseur européen, il vaut mieux ne pas prendre de risque sur les devises. Cela crée de la volatilité dans une poche qui présente de la sécurité."
La sécurité des obligations
La classe obligataire offre une certitude et une transparence sur le rendement. Les obligations ont retrouvé leur rôle de matelas de sécurité dans les portefeuilles. "Dans cette optique, pour l'investisseur européen, il vaut mieux ne pas prendre de risque sur les devises. Cela crée de la volatilité dans une poche qui présente de la sécurité. C'est la partie stable du portefeuille", précise Wim Vermeir. Dans cette gamme, ce gestionnaire privilégie le crédit sur des entreprises de qualité (investment grade). Les obligations gouvernementales ne sont pas assez rentables. Les obligations du secteur financier ont, en revanche, retrouvé un certain attrait avec les hausses de taux d'intérêt qui sont intervenues. Les obligations à haut rendement (high yield) présentent, quant à elles, un risque qui les situent entre les obligations et les actions. Elles sont, par ailleurs, trop chères et donc pas assez attrayantes selon ce spécialiste.
Un univers géographique plus large
Pourquoi privilégier un univers plus large d'un point de vue géographique pour les actions ? "Les grandes entreprises et, de ce fait, les larges capitalisations, sont de plus en plus mondiales. Il vaut donc mieux avoir une approche globale dans ce type de placements", conseille Wim Vermeir. En effet, des entreprises comme Coca-Cola, AB Inbev, LVMH ou Microsoft sont actives dans le monde entier même si leur siège social est localisé en Europe ou aux États-Unis. Opérer une sélection sur base géographique n'a donc pas beaucoup de sens dans ce type de placements. "On sélectionnera plutôt des secteurs ou des entreprises individuellement plutôt qu'un choix régional. C'est un choix bottom-up qui part de la base, des fondamentaux de l'entreprise", ajoute ce gestionnaire.
À noter encore que l'Europe est en retard sur les États-Unis en termes de croissance économique. La BCE pourrait baisser ses taux plus vite et de façon plus agressive que la Fed mais c'est un support à court terme pour les marchés européens.
À long terme, l'investisseur doit essentiellement se focaliser sur la croissance des bénéfices des entreprises.
Marché allemand
En parlant du marché allemand, Alexander Dominicus, gestionnaire de fonds chez Mainfisrt, rejoint cette opinion. "Les sociétés prospères se développent à l'échelle mondiale et se diversifient avec de nouveaux produits et services. Elles recherchent donc de plus en plus d'opportunités de croissance à l'étranger et l'expansion aux États-Unis, par exemple, se poursuit progressivement. Le marché actions montre clairement à quel point les entreprises peuvent s'affranchir de la faiblesse économique nationale."
Cependant, du côté des petites et moyennes capitalisations, certaines valeurs européennes peuvent encore présenter des atouts.