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Dans Goma "libérée", les rebelles règnent par la terreur

Sous la coupe du M23, la population se résigne à une occupation qui va durer.

Patricia Huon
An AFC/M23 soldier stands guard with a Kalashnikov rifle in front of the gathered crowd, ensuring the security of the city mayor and his delegation in Goma on July 24, 2025. The gathering is part of an outreach strategy aimed at building trust with the local population. (Photo by Jospin Mwisha / AFP)
Sous la coupe du M23, la population se résigne à une occupation qui va durer. ©AFP or licensors

C'était un dimanche de juin, tard dans la soirée. L'averse, brève en cette fin de saison des pluies, avait cessé. Les toits s'égouttaient en notes éparses, une mélodie rassurante. Soudain, des coups de feu ont retenti dans l'obscurité, puis des cris : "Au voleur !"

Chaque fois, les cœurs sursautent, mais la partition reste familière, ces derniers mois, à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu. Ce soir-là, Jean Rubenga, 25 ans, est de veille dans une propriété du quartier Himbi, au bord du lac Kivu. Chanteur, musicien, le jeune homme travaille aussi comme gardien, il compte sur ce maigre salaire pour subvenir à ses besoins et poursuivre sa passion. Il s'approche de la porte qui donne sur la rue, hausse la voix pour dissuader les présumés cambrioleurs. Un tir claque. La balle perce un des panneaux de tôle qui forment le mur d'enceinte. Elle atteint Jean à l'abdomen. Il saigne, perd connaissance. Des voisins le transportent à l'hôpital, des médecins tentent d'opérer, mais il est déjà trop tard. Il est déclaré mort peu après son arrivée.

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