Secoués, le monde et les Américains réagissent à l'arrivée de Trump : "Un âge d'or pour les gens qui violent la loi"
Politique migratoire brutale, sortie d'accords internationaux, levée de sanctions contre des criminels… Donald Trump bouscule déjà la société américaine et la diplomatie internationale.
- Publié le 21-01-2025 à 20h39

L'investiture de Donald Trump et les annonces fracassantes effectuées dès les premières heures de son mandat ont suscité de vives réactions aux quatre coins du globe et au sein même des États-Unis. Commençons par les grands absents : ni Joe Biden, ni Kamala Harris ne se sont exprimés publiquement. La seconde s'est prestement envolée dans sa Californie natale où elle a rencontré des pompiers et des familles impactées par les incendies qui ravagent actuellement la région.
Ennemie de longue date du nouveau président, l'ancienne présidente de la Chambre Nancy Pelosi a quant à elle réagi à la grâce présidentielle accordée aux participants de l'assaut du Capitole lancé en 2021. "Il est honteux que le président ait décidé de faire de l'abandon et de la trahison des policiers, qui ont risqué leur vie pour arrêter une tentative de subversion du transfert de pouvoirs, une de ses principales priorités" a-t-elle indiqué par voie de communiqué. "C'est une insulte au système judiciaire américain". Le leader démocrate au Sénat, Chuck Schumer, lui a emboîté le pas en se désolant que Donald Trump inaugure" un âge d'or pour les gens qui violent la loi et tentent de renverser le gouvernement".
Smotrich et Netanyahou aux anges
Nommé Secrétaire d'État ce mardi, Marco Rubio est pour sa part ravi. Le sénateur de Floride a lancé dès sa première prise de parole officielle que toute action menée par la diplomatie américaine dépendrait de trois questions : "Est-ce que ça nous rend plus fort ? Est-ce que ça nous rend plus sûrs ? Et est-ce que ça nous rend plus prospères ? […] Si ce n'est pas le cas, nous ne ferons rien". L'objectif absolu des États-Unis, a-t-il ajouté, étant tout de même d'assurer la paix dans le monde.
De quoi combler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, tout heureux de voir les sanctions imposées par Joe Biden aux colons les plus extrêmes de Cisjordanie occupée être levées par son successeur. Ce qui l'a conduit à déclarer mardi que "les plus beaux jours des relations entre les deux pays" étaient encore à venir. Dans les rangs de l'extrême droite israélienne, on ne cachait pas sa satisfaction non plus. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich n'a d'ailleurs pas manqué de saluer "le soutien inébranlable et sans compromission à l'État d'Israël" du président républicain, avant de conspuer son prédécesseur. Face à eux, l'Autorité palestinienne ne pouvait que dénoncer une politique qui "encourage les colons à commettre davantage de crimes contre le peuple palestinien".
A-t-il seulement un intérêt pour l'Europe ?
Vladimir Poutine, lui, avait déjà adressé ses félicitations. Le président russe a donc pu prendre le temps de s'entretenir mardi avec son homologue chinois Xi Jinping et de souligner que l'entente entre les deux pays irait encore plus loin en 2025. Quant au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, moins serein, il s'interrogeait depuis le sommet de Davos sur les velléités de l'indispensable allié américain. "Le président Trump fera-t-il même attention à l'Europe ? Considère-t-il l'Otan comme nécessaire ? Respectera-t-il les institutions européennes ?".
Nul ne le sait, mais les dossiers sont nombreux. En Allemagne, le chancelier Olaf Scholz a d'abord été contraint de réagir au salut nazi effectué la veille par Elon Musk pour rappeler à quel point, aujourd'hui encore, un tel geste est "inacceptable", n'en déplaise à l'intéressé. Si l'Union européenne espère officiellement travailler en "collaboration étroite" avec le nouveau président face aux "défis mondiaux", la relation s'annonce compliquée. Le Danemark a d'ailleurs d'ores et déjà tenu à rappeler qu'aucun pays ne pouvait "se servir au Groenland".
"Garder la tête froide"
Du Mexique – qui veut "garder la tête froide" – au Canada – qui menace de "riposter" – tout le monde ou presque a quelque chose à craindre. Et l'avenir s'annonce plus sombre encore pour les défenseurs du climat (lire par ailleurs).
D'autres ont décidé de partir prestement en contre-attaque à l'image les groupes de défense des droits civiques américains, qui ont intenté dès ce mardi une action en justice contre le décret présidentiel visant à supprimer le droit du sol comme mode de transmission de la nationalité. "Refuser la citoyenneté aux enfants nés aux États-Unis n'est pas seulement inconstitutionnel, c'est aussi un rejet imprudent et impitoyable des valeurs américaines", a dénoncé Anthony Romero, membre de l'organisation de défense des droits civiques ACLU, qui regrette "une claque dans le visage des communautés américaines".
