"Le pays est dégoûté" : les Démocrates veulent la tête de Kristi Noem que le plus proche conseiller de Donald Trump semble désavouer
La secrétaire à la Sécurité intérieure est sur la sellette. Même certains ténors républicains ne se pressent pas pour la défendre

- Publié le 28-01-2026 à 18h10
- Mis à jour le 29-01-2026 à 09h07

"Le pays est dégoûté par ce qu'a fait le ministère de la Sécurité intérieure [à Minneapolis]" : la charge est de Hakeem Jeffries, le leader des Démocrates à la Chambre des représentants. Son parti ne s'en cache plus : il veut la tête de Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure (DHS), qui chapeaute la police de l'immigration et des douanes (ICE) et celle de la protection des frontières (CBP).
La mort d'Alex Pretti, sous les balles d'agents de la CBP, est le débordement de trop pour les Démocrates. Alors qu'ils sont minoritaires au Congrès, il est peu probable qu'ils puissent destituer Kristi Noem, même si certains Républicains se rallient à eux – notamment la sénatrice Lisa Murkowski (Alaska) et le sénateur Thom Tillis (Caroline du Nord).
Reste que le malaise, une fois n'est pas coutume, est partagé de part et d'autre. Mardi, le leader des Républicains au Sénat, John Thune, a éludé une question sur le maintien de sa confiance à Noem. L'influent sénateur Rand Paul a convoqué pour sa part une rencontre avec trois hauts responsables des services de l'immigration.
Comme un désaveu
Officiellement, le président Donald Trump soutient Kristi Noem, dont il continue de saluer le "bon travail". Mais le retrait imposé du chef de la police des frontières Greg Bovino, responsable des opérations à Minneapolis, et l'envoi en remplacement du "tsar des frontières" Tom Homan sont perçus comme un désaveu indirect de Kristi Noem – à couteaux tirés avec Homan, alors que Bovino est un allié de la secrétaire. Donald Trump a précisé qu'Homan lui rendrait compte "directement" – sans passer par Noem, donc.
Pressés d'augmenter les arrestations massives de migrants censément en situation irrégulière, Kristi Noem et son proche conseiller Corey Lewandowski ont bousculé les lignes au sein du DHS. Ils ont, notamment, cherché à pousser à la démission un responsable de la police des frontières, Rodney Scott, critique à l'encontre de leurs méthodes.
Or ce vétéran de la CBP est très respecté par Donald Trump, qu'il a servi loyalement durant son premier mandat. Selon un responsable de l'Administration, cité par le magazine Politico, Noem et Lewandowski ont fait "passer leur ego avant celui du président" – un crime de lèse-Trump qui pardonne rarement.
Une mise en cause implicite
La Maison-Blanche détourne à tout le moins le feu des critiques vers la CBP version Bovino. Stephen Miller, conseiller politique de Donald Trump, a déclaré à CNN que les agents impliqués dans la mort d'Alex Pretti, "n'auraient pas suivi" le protocole approprié.
Stephen Miller a pourtant été de ceux qui, dans les heures qui ont suivi la mort d'Alex Pretti, ont suggéré que l'infirmier de 37 ans était venu avec l'intention d'assassiner des agents fédéraux. Kristi Noem l'a pour sa part accusé d'avoir "commis un acte de terrorisme intérieur".
Stephen Miller affirme désormais que les déclarations initiales des membres de l'Administration Trump se sont fondées sur "les rapports [des agents] sur le terrain". Il assure en outre que la Maison-Blanche a "donné des instructions claires au département de la Sécurité intérieur" concernant les actions des agents envoyés en renfort au Minnesota.
Venant du plus proche conseiller de Donald Trump, tenant de la ligne dure à l'encontre de l'immigration, cette mise en cause implicite a de quoi inquiéter Kristi Noem quant à son avenir.