Kiev et Moscou intensifient la diplomatie tout en s'accusant l'un l'autre de la flambée de violences dans l'Est ukrainien
Ukrainiens et Occidentaux accusent la Russie de fabriquer des prétextes à une invasion de l'Ukraine. En parallèle, les pourparlers diplomatiques continuent.
- Publié le 20-02-2022 à 15h30
- Mis à jour le 20-02-2022 à 21h20

La Russie et l'Ukraine ont appelé dimanche à intensifier les efforts diplomatiques tout en s'accusant mutuellement d'être responsables de la flambée de violences dans l'Est, où les combats avec les séparatistes font craindre aux Occidentaux une intervention de Moscou. Après des échanges téléphoniques séparés avec le président Emmanuel Macron, ses homologues russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky se sont tous deux dits prêts à poursuivre les pourparlers. Alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a répété dimanche que la Russie était "sur le point" d'envahir l'Ukraine, le président français a tenté "les derniers efforts possibles et nécessaires pour éviter un conflit majeur en Ukraine", après une rencontre au Kremlin avec Vladimir Poutine le 7 février.
À l'issue de cette conversation téléphonique, M. Poutine a dit vouloir "intensifier" les efforts diplomatiques pour régler le conflit dans l'Est de l'Ukraine, où Kiev combat depuis 2014 des séparatistes prorusses soutenus par Moscou. Les Occidentaux craignent que la flambée des combats depuis vendredi sur la ligne de front ne serve de prétexte à la Russie, qui a massé 150 000 soldats aux frontières ukrainiennes.
Vladimir Poutine a mis dimanche cette flambée de violences au compte de "provocations ukrainiennes", alors que les séparatistes ont ordonné l'évacuation des civils et la mobilisation des hommes en état de combattre. Parlant également à Emmanuel Macron au téléphone, Volodymyr Zelensky a lui dénoncé les "tirs provocateurs" des rebelles parrainés par Moscou et appelé à la reprise des négociations avec la Russie sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et à l'instauration d'un "cessez-le feu immédiat".
Troupes russes au Bélarus
Selon l'Élysée, l'importance d'un cessez-le-feu a également été soulignée lors de l'entretien Poutine-Macron. M. Macron doit désormais s'entretenir avec le chancelier allemand Olaf Scholz et le président américain Joe Biden "dans les prochaines heures". Les chefs de la diplomatie russe et français, Sergueï Lavrov et Jean-Yves Le Drian, s'entretiendront eux lundi, selon Moscou. Une réunion extraordinaire de l'OSCE consacrée à l'Ukraine doit aussi avoir lieu lundi.
Plus tôt dimanche, le Bélarus, allié de Moscou, avait fait savoir que les quelque 30 000 soldats russes présents sur son territoire, selon le décompte des États-Unis, et qui devaient partir ce dimanche, resteront pour d'autres exercices militaires. Cette "inspection des forces" se poursuivant, selon Minsk, du fait de la reprise des combats dans l'Est de l'Ukraine, qui ont redoublé d'intensité dimanche. Malgré cette annonce, l'Élysée a répété que M. Poutine avait redit à M. Macron "son intention de retirer ses troupes" du Bélarus "au terme des exercices en cours".
Moscou se défend de tout projet d'invasion de l'Ukraine mais réclame des garanties pour sa sécurité, dont la promesse que le pays n'intégrera jamais l'Otan et la fin du renforcement des forces de l'Alliance à ses frontières, autant de demandes que les Occidentaux ont rejetées. Vladimir Poutine a encore insisté sur ce point dimanche auprès d'Emmanuel Macron, appelant Washington et l'Otan à "prendre au sérieux" les demandes russes.
Emboîtant le pas des États-Unis et de l'Otan, qui ont dit craindre une "attaque de grande ampleur", le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré dimanche que la Russie préparait "ce qui pourrait être la plus grande guerre en Europe depuis 1945".
Joe Biden a lui convoqué son Conseil de sécurité nationale pour une réunion de crise dimanche soir. Signe que la voie diplomatique reste ouverte, MM. Blinken et Lavrov doivent se rencontrer le 24 février.
