Reconverti en "ami de l'Occident", Aleksandar Vucic est le grand favori du scrutin présidentiel en Serbie
Favori du scrutin présidentiel ce dimanche, cet ancien collaborateur ultranationaliste de Slobodan Milosevic s'est reconverti en ami de l'Occident.
- Publié le 02-04-2022 à 09h45
- Mis à jour le 04-04-2022 à 20h14

Le président serbe Aleksandar Vucic, qui semble en pole position pour la présidentielle de dimanche, joue avec habileté de ses alliances rivales avec l'Est et l'Ouest tout en étant accusé de tendances autoritaires à la maison.
Ancien collaborateur ultranationaliste de l'ex-homme fort Slobodan Milosevic, le géant au visage poupin s'est reconverti en ami de l'Occident. Parallèlement, son pays de sept millions d'habitants candidat à l'Union européenne entretient des liens étroits avec le "grand frère" russe et attire des milliards d'investissements chinois.
Mais les détracteurs du président de 52 ans lui reprochent de s'être assuré un contrôle quasi total sur la société.
Dans ces médias largement sous influence, le président se présente comme un leader infatigable qui se dépense sans compter pour favoriser les investissements et créer des emplois.
Il se présente pour ce scrutin comme le seul antidote aux incertitudes découlant de la guerre en Ukraine, avec ce slogan : "Paix. Stabilité. Vucic."
Il s'enorgueillit aussi d'avoir parachevé durant une décennie de règne de vastes programmes d'infrastructures, notamment un réseau autoroutier.
De nombreux Serbes lui savent gré de refuser de reconnaître l'indépendance déclarée en 2008 du Kosovo, l'ex-province vue comme un berceau historique.
Il est également crédité d'avoir usé de son entregent international pour procurer à la Serbie des millions de vaccins anti-Covid, chinois, russes et occidentaux quand les doses étaient rares.
Lui qui a longtemps défendu les leaders serbes de Bosnie accusés d'atrocités pendant le conflit de 1992-95 a opéré une mue soudaine dictée par son pragmatisme. En 2008, il quitte le Parti radical ultra nationaliste et fonde le Parti serbe du progrès (SNS), conservateur et pro-européen, vainqueur aux législatives de 2012.
Le président a mis depuis ses opposants à genoux via "l'érosion des droits politiques et des libertés civiles, les pressions sur les médias indépendants, l'opposition politique et les organisations de la société civile", écrit l'ONG américaine Freedom House dans son rapport 2021.