Vucic triomphant en Serbie, félicité par Poutine
Réélu à plus de 60 % des voix, le Président devrait confirmer son alignement sur Moscou.
- Publié le 04-04-2022 à 20h14
- Mis à jour le 05-04-2022 à 15h01

"Il n'y a eu du suspense à aucun moment." Radieux ce dimanche soir, Aleksandar Vucic, 52 ans, n'a pas caché sa joie "qu'un grand nombre de gens aient voté et démontré la nature démocratique de la société serbe". À l'issue d'un scrutin marqué par une participation en hausse, à hauteur de 60 %, le chef de l'État a été reconduit pour cinq ans par plus de 60 % des voix (résultats préliminaires). Lui qui fut président du gouvernement de 2014 à 2017 et président de la République depuis cette année, devrait donc continuer à imprimer sa marque sur cet État héritier de la Yougoslavie.
Aleksandar Vucic sort de l'élection d'autant plus renforcé que son Parti serbe du progrès (SNS) aurait remporté près de 44 % des voix aux législatives concomitantes. Les électeurs étaient aussi appelés à désigner plusieurs conseils municipaux, dont celui de Belgrade, la capitale. "Nous sommes sur le point de former un gouvernement à nous seuls, mais avec le Parti de la minorité hongroise, nous avons plus que suffisamment de voix pour former une majorité", a ajouté le Président. Sa convergence idéologique avec Viktor Orban, réélu le même jour dans la Hongrie voisine, n'est plus un secret. Des ONG ont fait état d'incidents et de violences durant le scrutin, bien que le pouvoir nie toute irrégularité.
L'influence ukrainienne
L'invasion de l'Ukraine par la Russie a changé le cours de la campagne qui aurait dû se concentrer sur l'environnement, la corruption et les droits dans ce pays des Balkans de sept millions d'habitants candidat à l'Union européenne. Mais Aleksandar Vucic, habitué à jouer des influences rivales de l'Est et l'Ouest, s'est emparé de la guerre à son avantage. Dans un pays subissant comme ailleurs la pandémie du coronavirus, il se présente comme le seul capable de barrer le navire par temps d'orage. Il a fait campagne sous le slogan "Paix. Stabilité. Vucic".
Le gouvernement a aussi manœuvré avec précaution en condamnant officiellement la Russie à l'Onu tout en s'abstenant de toute sanction contre Moscou, alors que de nombreux Serbes soutiennent la guerre du Kremlin. D'ailleurs, plusieurs petits partis nationalistes prorusses ont fait leur entrée au Parlement ce dimanche.
Dès lundi, Vladimir Poutine a salué la victoire de son homologue serbe en souhaitant le renforcement d'un "partenariat stratégique entre Belgrade et Moscou". "Incontestablement, c'est dans l'intérêt des peuples frères que sont la Russie et la Serbie."