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"La tentation de tester l'Article 5 de l'Otan pourrait devenir irrésistible pour le Kremlin"

Moscou dit depuis longtemps vouloir limiter l'influence de l'Otan et changer l'architecture de sécurité en Europe. Des attaques, plus ou moins assumées, plus ou moins spectaculaires, contre des membres de l'Alliance peuvent être un moyen d'y parvenir.

Le président russe Vladimir Poutine est assis dans le cockpit d'un simulateur de vol à l'école militaire supérieure d'aviation de Krasnodar, le 7 mars 2024.
Le président russe Vladimir Poutine est assis dans le cockpit d'un simulateur de vol à l'école militaire supérieure d'aviation de Krasnodar, le 7 mars 2024. ©Photo : Sputnik / Vignette : Raphaël Batista

La Russie assume depuis longtemps vouloir "détruire l'architecture de sécurité héritée de la fin de la guerre froide", rappelle François Heisbourg, chercheur à l'Institut d'études stratégiques à Londres. Elle l'a souvent dit. Et elle a agi en ce sens. Mais rien, ni la mainmise russe sur le territoire séparatiste de la Transnistrie, en Moldavie, ni la guerre contre la Géorgie en 2008, ni l'annexion illégale de la Crimée et la déstabilisation du Donbass, dans l'est de l'Ukraine en 2014, n'avaient jusqu'ici brisé le déni des Européens quant aux intentions de Moscou. L'invasion totale de l'Ukraine le 24 février 2022 a donc provoqué une onde de choc, sans pour autant ébranler la conviction des Occidentaux que la Russie ne s'en prendrait pas à un pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan). Jamais, vraiment ? Un doute est permis, au vu du projet géopolitique du président russe Vladimir Poutine.

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