Moscou cible une prison ukrainienne et s'éloigne des États-Unis
Une frappe russe a fait au moins 25 morts dans un centre pénitentiaire de Zaporijjia, mardi.

- Publié le 29-07-2025 à 19h35
- Mis à jour le 29-07-2025 à 19h37

Une frappe russe a touché une colonie pénitentiaire ukrainienne et tué au moins 25 personnes dans la région de Zaporijjia (sud du pays), dans la nuit de lundi à mardi. Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, il s'agit sans aucun doute d'un bombardement "délibéré" et donc, d'un crime de guerre. "Il s'agissait d'une frappe délibérée, intentionnelle, et non accidentelle", a écrit M. Zelensky sur les réseaux sociaux, estimant que "les Russes ne pouvaient ignorer qu'ils visaient des civils dans cet établissement".
Selon le ministère ukrainien de la Justice, la frappe aurait tué au moins 25 personnes et fait 70 blessés, dont un employé de la prison. Des images publiées par le ministère montrent des débris et des briques éparpillés au sol autour d'un bâtiment de la colonie pénitentiaire de Bilenkivska, dont les vitres ont été soufflées. Un haut responsable ukrainien a en outre indiqué que 274 personnes, toutes ukrainiennes, étaient détenues dans cet établissement pénitentiaire, où travaillaient 30 employés au moment de la frappe, et qu'aucun prisonnier de guerre russe ne s'y trouvait. D'autres attaques ont également fait des victimes civiles, portant leur total à 25 personnes, ce mardi.
Ralentissement de l'entente russo-américaine
Ces frappes arrivent vingt-quatre heures après la décision du président américain, Donald Trump, de fixer à Moscou un ultimatum plus court – de cinquante jours initialement à "dix ou douze jours" – pour mettre fin à l'invasion de l'Ukraine, sous peine de se voir infliger de sévères sanctions financières. "Le régime de Poutine, qui profère également des menaces contre les États-Unis par l'intermédiaire de certains de ses porte-parole, doit faire face à des coûts économiques et militaires qui le privent de la capacité de faire la guerre", s'est empressé de réagir mardi le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, sur X.
Fidèle à ses habitudes, le Kremlin s'est contenté d'indiquer avoir pris acte de la décision américaine, et regretté "un ralentissement" de la normalisation des relations entre Washington et Moscou. "Il y a un ralentissement, effectivement", a réagi mardi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, tout en disant que Moscou était "intéressé" par une meilleure "dynamique" dans le processus de normalisation.
