La Suède s'inquiète de la possibilité pour la Russie de mener "une attaque armée à court terme dans son voisinage immédiat"
Stockholm a directement pointé Moscou du doigt, avertissant qu'une escalade entre les deux pays était possible.

- Publié le 18-02-2026 à 09h38

Le Service de renseignement et de sécurité militaire suédois a publié ce 17 février un rapport désignant la Russie comme étant la menace militaire la plus importante pour le pays. La Suède y fait notamment état des nombreuses menaces hybrides venant tout droit de Moscou et qui pèsent sur Stockholm.
"La Russie représente la principale menace militaire pour la Suède et l'OTAN", peut-on lire dans le rapport. Un danger "sérieux et concret" qui se caractérise par"l'opportunisme et l'agressivité" de Moscou. "La Russie a agi par le biais de sabotages. Elle a violé l'espace aérien de pays de l'OTAN avec des avions et des drones."
Cette menace devrait "croître jusqu'en 2030, au fur et à mesure que les forces armées russes reçoivent de nouvelles ressources et mènent des réformes", estime le Service de renseignement et de sécurité militaire suédois. Il pointe aussi la capacité de la Russie à mener "à court terme (0 – 12 mois) une attaque armée limitée dans le voisinage immédiat de la Suède."
Menace nucléaire
Le rapport alerte également face à la résurgence de la menace nucléaire brandie par Moscou depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022 et de son durcissement depuis septembre 2024.
La Suède pointe d'ailleurs les nombreuses menaces de ce type reçues alors qu'elle avait demandé son adhésion à l'OTAN. Stockholm accuse le Kremlin d'avoir ainsi tenté d'influencer l'opinion publique suédoise pour contrer son adhésion.
Une paix risquée
La Suède craint également qu'un accord de paix prématuré entre Moscou et Kiev libère "des ressources pour agir davantage contre les pays de l'OTAN, y compris la Suède". "Si la guerre en Ukraine devait se terminer selon les conditions russes […] la cadence de cette montée en puissance s'accélérerait. Dans le même temps, les ressources russes existantes seraient rendues disponibles."
Une analyse partagée par le service de renseignement extérieur estonien, qui estime également que la Russie est "dangereuse malgré son incompétence", rapporte Politico. Il pointe également la production d'artillerie toujours en cours en Russie, la désignant donc comme une menace même en cas de paix avec l'Ukraine.
"On ne peut pas simplement tout arrêter le jour où la guerre prend fin. La Russie finira par être, dans certaines régions, une force militaire plus puissante qu'au début de sa guerre contre l'Ukraine", souligne un haut responsable de l'OTAN à Politico.