Avec la fin du régime Assad, qu'en est-il des combattants belges en Syrie ?
De nombreux individus avaient quitté la Belgique pour rejoindre la région, notamment des groupes comme Daesh. Que sait-on de ces personnes aujourd'hui ?

- Publié le 12-12-2024 à 11h45
- Mis à jour le 13-12-2024 à 12h58

Lorsque la fin du régime Assad fut annoncée, ce dimanche 8 décembre, les réactions de joie ont explosé un peu partout en Syrie, mais aussi en Belgique, où de nombreuses personnes ont trouvé refuge pour fuir le pays en proie à une guerre civile depuis 2011.
Un conflit où s'entretuaient des soldats de l'armée syrienne, des opposants au régime et des membres d'organisations terroristes comme Daesh. De nombreux jeunes, venant notamment de Belgique, ont quitté le pays pour se rendre dans la région. Parmi eux, un nombre important souhaitait grossir les rangs de ces organisations djihadistes. Dans le jargon, c'est ce qu'on a nommé les Foreign Terrorist Fighters (FTF) de catégorie 1.
Si l'attention médiatique était, récemment, beaucoup moins focalisée sur ce public, les autorités sécuritaires, elles, restaient attentives. C'est notamment le cas de l'Ocam, l'organe de coordination pour l'analyse de la menace.
Une quinzaine d'enfants concernés
Les dernières données de l'Ocam indiquent qu'à la date du 27 novembre 2024, on dénombrait encore 196 FTF belges dans la zone de conflit irako-syrienne (Daesh était, pour rappel, actif à la fois en Syrie et en Irak, NdlR), dont au minimum 107 seraient décédés.
Il reste donc 89 de ces Foreign Terrorist Fighters belges encore en vie, dont 26 qui se trouvent soit dans des prisons, soit dans des camps de réfugiés dans la région.
Dans le détail, on sait que 3 hommes sont détenus dans une prison en Irak, 13 hommes en Syrie alors et que 8 femmes se trouvent dans des camps de réfugiés en Syrie. Par ailleurs, une quinzaine de mineurs d'âge de moins de douze ans, et dont l'un des parents est belge, sont également présents dans ces camps. Parmi ces enfants, un seul est dans un camp de réfugié en Syrie.
Si le sort de 26 des 89 Foreign Terrorist Fighters belges encore en vie est donc plus ou moins connu, très peu d'informations sont disponibles quant au reste, à savoir 63 personnes. Les informations à disposition de l'Ocam laissent penser que ces personnes seraient installées dans la province d'Idlib, dans l'ouest de la Syrie.
L'Ocam veille
Pour rappel, les Foreign Terrorist Fighters de catégorie 1 sont ceux partis dans l'objectif de rejoindre un groupe terroriste. Mais d'autres profils sont également dans le viseur des autorités, comme les Foreign Terrorist Fighters de catégorie 3, des individus qui étaient dans la région mais qui sont de retour en Belgique. C'est ce qu'on appelle les returnees. On en compte 98 sur le sol belge, tous pris en charge, au cas par cas, par des services de suivi spécialisés.
Enfin, l'Ocam a connaissance de la présence de moins de 30 Belges dans la région d'Idlib, qui fait office de quartier général du groupe Hayat Tahir al Sham (HTS), qui a mené à la fin du régime Assad.
Parmi ces Belges, entre 5 et 10 feraient partie du groupe HTS. À ce stade, aucune information quant à leur degré d'implication dans ce groupe n'est connue.
L'Ocam, en collaboration avec ses partenaires, dit continuer à surveiller de près la situation sur place, et les éventuelles répercussions en Belgique.