Donald Trump envisage d'arrêter la guerre en Iran et de sortir de l'Otan
Le président américain entrevoit la fin du conflit d'ici deux ou trois semaines. L'Iran admet l'existence de discussions directes avec les États-Unis.

- Publié le 01-04-2026 à 19h13
- Mis à jour le 02-04-2026 à 16h18

Apparaissant plus décidé que jamais, Donald Trump a une nouvelle fois menacé de quitter l'Otan, tout en indiquant que la guerre contre l'Iran n'était plus qu'une question de "semaines" pour les États-Unis. "Nous partirons endéans deux semaines, […] peut-être deux, peut-être trois", a estimé le président américain, au beau milieu de la cinquième semaine de ce conflit mené main dans la main avec Israël. Une déclaration motivée par l'urgence de calmer les inquiétudes de plus en plus vives entretenues par les perturbations des flux énergétiques mondiaux.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a émis, ce 1er avril, la crainte que l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz soit affecté "deux fois plus fort" ce mois-ci qu'en mars. Des missiles et drones iraniens ont encore touché mercredi un pétrolier de QatarEnergy, au large des côtes nord de l'émirat ainsi qu'un réservoir dans la zone aéroportuaire de Koweït City. L'Iran, qui orchestre la paralysie du détroit stratégique d'Ormuz en ciblant des navires liés à ses agresseurs, a promis mercredi de le maintenir fermé à ses "ennemis".
Objectif déjà atteint
Le président Trump cherche une sortie honorable à cette guerre entamée le 28 février afin d'affaiblir les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique. D'abord, parce que l'objectif est, selon lui, déjà atteint et qu'aucun autre but n'est apparu, hormis des velléités de déclencher une hypothétique opération terrestre aux contours flous. Ensuite, parce qu'une opération trop longue sans autre succès manifeste et des conséquences déplaisantes et durables sur les marchés pétroliers et financiers risquent de lui être préjudiciables dans la perspective des élections de mi-mandat.
Le chef de la Maison-Blanche tente d'attribuer une partie de la responsabilité du blocage d'Ormuz à l'Otan, accusant ses autres membres – en particulier européens – d'avoir ignoré son appel à former une coalition. Non sans sembler confondre la nécessaire solidarité entre membres de l'Alliance lorsque l'un d'eux est victime d'une agression, et une dispensable coalition lors d'une opération menée contre un pays tiers en dehors de ce cadre.
"Je n'ai jamais été influencé par l'Otan. J'ai toujours su que c'était un tigre de papier, et (le président russe Vladimir) Poutine le sait aussi, d'ailleurs", a déclaré M. Trump au journal britannique Daily Telegraph, ajoutant qu'il avait avancé dans sa réflexion et qu'il ne se contentait plus de reconsidérer l'adhésion des États-Unis à l'Otan.
Aide arabe sur Ormuz
L'aide demandée un temps par les États-Unis pour sécuriser Ormuz face à l'Iran pourrait toutefois venir d'un État voisin. Les Émirats arabes unis ont proposé mercredi de se joindre aux forces américaines et israéliennes à cet effet. La Fédération émirienne, signataire d'un accord de normalisation diplomatique avec Israël, deviendrait le cas échéant le premier pays du Golfe visé par les représailles de l'Iran à s'engager militairement contre lui.
La fin de la guerre interviendra pour les forces américaines "qu'un accord soit conclu ou non" avec l'Iran, a indiqué le président Trump, qui devait s'exprimer en soirée devant la Nation. Dans un message posté sur son réseau Truth Social, il a affirmé mercredi que son homologue iranien Massoud Pezechkian avait "demandé un cessez-le-feu", ce qu'il se dit prêt à n'envisager que si le détroit est rouvert à la navigation.
Conversations, pas négociations
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a pour sa part reconnu pour la première fois avoir des discussions directes avec l'émissaire du président américain au Moyen-Orient, Steve Witkoff. Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois précisé que ces "discussions" ne signifient pas des "négociations", parlant de "conversations" et d'échanges de "messages directs" avec lui, "comme avant" la guerre.
"Nous ne croyons absolument pas que des négociations avec les États-Unis aboutiront. La confiance est nulle", a toutefois tempéré M. Araghchi, dans un entretien avec le réseau de médias qatarien Al Jazeera. "Nous ne constatons aucune honnêteté". Le diplomate en chef iranien a aussi décliné les allégations de négociations menées avec "quelque autre partie que ce soit" en Iran.