La sophrologie pour vous aider à retrouver une sexualité épanouie
Certains voient dans les troubles de la sexualité une déconnexion du corps et de l'esprit… que la sophrologie tend à reconnecter.

- Publié le 30-01-2024 à 11h21

Frigidité, dyspareunie, virginité mal vécue, anorgasmie, éjaculation précoce ou tardive, sexualité liée à la ménopause et l'andropause, à la grossesse et au post-partum… Si la sophrologie aidait à retrouver une sexualité épanouie, en apaisant ces divers troubles sexuels qui peuvent venir la perturber ? Véronique Lambert est sophrologue à Messancy, près d'Arlon, spécialisée, entre autres, en sexologie. Ce sont précisément ces diverses situations auxquelles elle a affaire. C'est à l'Académie de Sophrologie de Paris qu'elle s'est formée, convaincue des bienfaits de cette pratique. Médecine alternative pour les uns, pseudo-science pour les autres, car ne répondant pas aux critères de la démarche scientifique (mais des études sont en cours pour changer cela), il n'en reste pas moins que la sophrologie séduit et que ses adeptes se font de plus en plus nombreux.
Une reprogrammation
En quoi consiste concrètement la sophrologie ? "C'est une méthode qui a été créée dans les années 1950 par un psychiatre, elle rassemble différentes techniques: respiration, concentration, méditation, mouvement, vivance – c'est le mot qu'on utilise dans le jargon pour parler de la visualisation positive – dans le but de retrouver une harmonie entre le corps et l'esprit." Au-delà des troubles sexuels, Véronique Lambert pratique la sophrologie pour combattre d'autres maux tels que le stress, l'anxiété et les angoisses qui sont liés aux épreuves de vie, mais aussi les tics et les tocs, les acouphènes, le burn-out, ou même aider à se préparer à certains événements tels que des examens ou des opérations…
Les yeux fermés, debout, parfois assis, jamais couché, dans son cabinet, la sophrologue fait faire différents exercices à ceux qui font appel à elle. L'objectif étant toujours de leur apporter, au final, harmonie, sérénité, apaisement et confiance. "Je peux leur demander d'effectuer certains mouvements, ou les inviter à visualiser une situation dans laquelle ils sont sujets à l'angoisse, il y a des exercices de respiration consciente aussi pour se relier à ses sensations, et appeler la force vitale en soi, l'énergie qui est à l'intérieur de nous."
De la répétition
Si chaque sophrologue a sa façon de faire, qui peut donc différer de l'un à l'autre, Véronique Lambert, elle, programme systématiquement des rendez-vous d'une heure. L'apprentissage des techniques se faisant par la pratique régulière des exercices, ceux-ci sont enregistrés en audio, ce qui permet à la personne de répéter facilement la séance seule, à la maison. "Si on veut changer de mode de fonctionnement, on a besoin de répétition, de recréer de nouvelles d'habitudes. La répétition va permettre de reprogrammer le corps, en accord avec l'esprit, pour qu'il réapprenne comment s'apaiser." Avant de rentrer dans le vif du sujet, la sophrologue démarre toujours par un "échange présophronique", une discussion préalable qui tend à établir un état des lieux du consultant.
"Attention, la sophrologie n'est pas de la psychologie. Je ne suis pas médecin non plus. L'idée de cet échange, c'est de poser quelques questions sur les raisons qui ont amené les gens ici, pour connaître le contexte. Mon rôle n'est pas de chercher la raison du trouble, mais la façon de l'apaiser."
Raison pour laquelle la sophrologue insiste sur l'importance d'intégrer d'autres professionnels de la santé au parcours du consultant. "Je travaille avec pas mal de médecins et psychologues qui m'envoient des patients souffrant de tel ou tel trouble. Quand je reçois une femme, qui vient d'elle-même, pour un problème d'ordre sexuel, par exemple, je lui demande toujours si elle a d'abord consulté un gynécologue et écarté tout problème physique, ou de santé. Quand il y a une appréhension du rapport sexuel, on ne travaille pas sur les problèmes organiques, mais sur ce qui est fonctionnel, sur les éléments qui peuvent jouer sur cette crainte." Chaque séance se clôture par une "phénodescription", un bilan de ce qui a été ressenti au cours du rendez-vous.
Reconnecter le corps à l'esprit
Dans le cadre spécifique de la sexologie, la notion de reconnexion au corps si prégnant dans la sophrologie, prend davantage de sens encore. "Souvent, les troubles sexuels sont dus à des problèmes du quotidien – qui ne touchent pas forcément au couple, mais aux individualités -, qui rejaillissent dans la sexualité. Par exemple, un homme qui perd son boulot, qui est atteint dans son ego, dans sa virilité et qui peut rencontrer des pannes lors de rapports sexuels… Et ça n'a rien à voir avec le partenaire, ou le couple. Les déclenchements qui ne se font pas, l'excitation qui ne vient pas…, ce sont des blocages mentaux qui empiètent sur la sexualité. D'où l'importance d''habiter son corps'. Toucher son corps, l'apprivoiser, le connaître. On prend notre douche machinalement, tous les jours, sans prendre conscience de ce corps. Or, ce contact est super-important, car il va nous permettre de découvrir ce qui nous fait du bien. Ce processus de rencontre de soi va nourrir la rencontre de l'autre."
Une partie du travail lors des séances consistera dès lors à anticiper et visualiser ces situations problématiques (parfois seulement inconfortables) de la vie sexuelle afin d'apprendre à gérer les émotions qui leur sont propres le moment venu. "C'est tout un cheminement dans lequel la conscience du corps sera primordiale. Mais c'est le patient qui est acteur, le sophrologue n'est qu'un guide", précise Véronique Lambert. Qui rappelle par ailleurs le rôle de l'accompagnement. "La vie est faite pour être vécue et la sexualité fait partie de la vie. Pour beaucoup, influencés par l'éducation judéo-chrétienne, le sexe a été longtemps considéré comme sale, impur, Or, c'est beau ! Autant faire en sorte d'en profiter et que tout se passe bien à ce niveau… S'en sortir seul, c'est compliqué. C'est plus simple quand on se fait accompagner. Et si la sophrologie ne remplace ni un gynécologue ni un thérapeute, elle permet des résultats plus rapides et pérennes."