"Je n'en peux plus du Spritz en terrasse" : certains attendent l'automne avec impatience
Pendant que le mois de septembre se déroule doucement, et que la période estivale touche ainsi à sa fin, certains veulent en finir avec l'été et directement se retrouver en automne.

- Publié le 14-09-2025 à 08h06
- Mis à jour le 17-09-2025 à 17h26

Alors que certains redoutent les journées qui s'écourtent, d'autres sont contents, voire soulagés, de voir l'automne arriver. Pour eux, cette saison est l'assurance de regagner en tranquillité. C'est notamment le cas de Charly, 24 ans, qui attend avec impatience d'être en automne.
"De manière générale ce n'est pas ma saison préférée. Mais après l'effervescence et l'intensité de l'été avec les festivals, les verres en terrasses et vouloir toujours profiter du soleil, car il n'y en a pas beaucoup en Belgique, j'attends le changement de saison. L'automne est enfin le moment où tu ne culpabilises plus de rester dans ton lit, à boire des soupes réconfortantes", nous explique le jeune Bruxellois.
Manquer des sorties avec ses amis ? Ce n'est plus vraiment une raison de culpabiliser, selon Charly. "Tu n'as plus la 'fomo' (Fear Of Missing Out), mais la 'jomo', la Joy Of Missing Out (contentement de rater quelques chose, ndlr) car tu sais que tes potes sont sous la pluie en train de boire un verre, et tu es content de ne pas y être", décrit-il. "Je n'en peux plus du spritz en terrasse en fait, je veux quelque chose de chaud, de sucré et de réconfortant", sourit-il.
Si pour Charly, l'automne est un moment idéalisé par la cannelle, le retour des gros pulls, les couleurs marrons et la nostalgie, c'est également la période pour se recentrer sur lui-même.
Un constat que confirme Dr Anne-Françoise Meulemans, médecin psychothérapeute et coordinatrice de CentrEmergences. "L'été peut être pour certains une source de fatigue. La chaleur, les longues journées pleines de soleil, le sommeil perturbé et la pression sociale de 'profiter pleinement des vacances' comme s'il fallait les rentabiliser au maximum, peuvent créer un état de surcharge. On peut alors ressentir une forme de lassitude qui s'ajoute à la fatigue", analyse-t-elle.
Davantage de mélatonine
Selon Mme Meulemans, l'automne constitue tout le contraire. La baisse des températures permettrait de favoriser le repos, la luminosité devient moins agressive et plus paisible grâce aux rayons qui s'horizontalisent. "La nature qui passe aux couleurs automnales apaise comme une pré-hibernation. Les habitudes automnales amènent du réconfort : cocooning, boire un chocolat chaud, se lover devant le feu, retrouver un rythme plus régulier. Tout cela répond à un besoin de confort et de sécurité", décrit-elle.
D'un point de vue scientifique, la psychothérapeute explique que des recherches en neurosciences montrent que les éléments sensoriels de chaleur douce, d'ambiance feutrée et de textures agréables activent des zones du cerveau liées à la détente. "Sur le plan des neurotransmetteurs, l'automne correspond à une réorganisation neurochimique : il y a moins de sérotonine et de dopamine, qui sont liées à l'excitation lumineuse, pour davantage de mélatonine qui favorise le sommeil, et moins de cortisol grâce au climat apaisé. Chez certains, cela entraîne une vulnérabilité à la dépression saisonnière, mais pour d'autres, c'est vécu comme un temps de confort et de régulation", précise-t-elle.
L'automne offre donc à certains une parenthèse bienvenue : une saison de pause et de recentrage, vécue comme un "reset" naturel après l'été, conclut l'experte.