La météo actuelle n'arrange pas tout le monde et pose question: "Ces problèmes pourraient encore s'accroître dans les prochaines semaines"
Heures d'ensoleillement, sécheresse des terres, précipitations quasi inexistantes… Les mois de mars et avril 2025 combinés ont atteint de nombreux records. Par chance, l'année 2024 était très arrosée et permet de rendre la situation moins inquiétante…. sauf pour les agriculteurs. On fait le point.

- Publié le 01-05-2025 à 10h37

Le début du printemps nous fait incontestablement penser à l'année 2020 et au début du confinement avec ce soleil qui s'éternise dans notre ciel. Lorsque notre pays connaît de longues périodes ensoleillées, des records sont souvent établis et c'est une nouvelle fois le cas pour les mois de mars et d'avril.
Pascal Mormal, météorologue à l'IRM, nous dévoile en détail les chiffres qui démontrent que le printemps que nous vivons actuellement est exceptionnel à tous les niveaux.
Mars et avril dans le top 4 des mois les plus chauds de l'histoire
"Ce qui est assez impressionnant, c'est de constater qu'en prenant les mois de mars et avril, nous avons eu au niveau des quantités de pluie, 27,8 litres/m² sur les deux premiers mois du printemps météorologique. En moyenne, nous sommes à 108 litres/m² lors de ces deux mois", relève notre interlocuteur. "Nous connaissons donc une séquence très sèche qui s'est installée depuis plusieurs semaines sur notre pays avec des températures très douces. Le mois d'avril va certainement se placer à la 7e place des mois d'avril les plus chauds. Si on prend les deux premiers mois du printemps météorologique, nous sommes même dans le top 4 des mois les plus chauds."
Avec un tel taux d'ensoleillement et des précipitations quasi inexistantes, la sécheresse commence sérieusement à s'abattre dans nos contrées. Pour Pascal Mormal, il ne faut pas (encore) s'inquiéter toutefois et ce grâce à… l'année 2024. "Pour ce qui est des réserves en eau potable, des barrages, des réservoirs et des nappes phréatiques, la situation est plutôt favorable. C'est en grande partie dû au fait qu'on a connu des séquences extrêmement pluvieuses entre octobre 2023 et janvier 2025. L'année 2024 est d'ailleurs l'année la plus arrosée en Belgique de l'histoire et c'est au final quelque chose de positif car on se rend compte qu'après deux mois de sécheresse la situation dans les réserves reste bonne."
Une très mauvaise nouvelle pour les agriculteurs
Cette sécheresse est toutefois très mauvaise pour nos agriculteurs qui souffrent déjà de ce phénomène comme le détaille Pascal Mormal. "Sur les terres, la sécheresse se manifeste assez rapidement au niveau des sols en surface et cela pose de gros problèmes aux agriculteurs. Ces problèmes pourraient encore s'accroître dans les prochaines semaines s'il ne pleut pas de manière assez significative. Les rendements agricoles sont en danger avec la sécheresse actuelle."
L'est de la Belgique est toutefois un peu préservé grâce à de fortes pluies ponctuelles qui se sont déroulées durant le mois d'avril. "Par contre, l'ouest du pays n'a pas connu les mêmes précipitations et l'on peut déjà observer sur les graphiques de ces deux derniers mois que cette partie-là de la Belgique est en sécheresse extrême par rapport aux quantités de précipitations attendues."
Une situation exceptionnelle également au niveau des heures d'ensoleillement comme nous l'indique notre interlocuteur. "Pour les mois de mars et avril cumulés nous sommes en passe de battre le record qui datait de 2011. On sera également au-dessus du fameux printemps du confinement en 2020 puisqu'on devrait terminer avec plus de 440 heures d'ensoleillement pour les deux mois combinés. Toutes ces données montrent qu'on a vraiment connu un début de printemps exceptionnel au niveau de la Belgique seulement car ça n'a pas du tout été comme ça partout en Europe."
Un été torride en vue ? Pas si sûr !
Le printemps de cette année 2025 et son taux d'ensoleillement ne sont cependant pas annonciateurs d'un été torride au niveau des statistiques. Pascal Mormal a pu remarquer qu'en 2011, malgré un ensoleillement exceptionnel, l'été était… pourri. "En 2011 nous étions vraiment sur un printemps incroyable qui était très généreux au niveau ensoleillement, très sec et surtout très doux mais cela a été suivi par un été pourri et très capricieux même. En 2003 et en 2020 c'est l'inverse puisque nous avions connu des printemps superbes mais aussi des périodes estivales très chaudes, voire même torrides pour l'année 2003."
Les modèles saisonniers du météorologue se dirigent toutefois vers un été qui s'annonce plus chaud que la moyenne. "Les tendances actuelles, suivant les modèles, montrent que nous aurons une période estivale chaude. La nuance est de savoir si l'été sera très chaud, exceptionnel ou simplement juste un peu plus chaud que la moyenne. Là où je ne sais pas encore m'avancer, c'est de savoir si l'été sera pluvieux ou pas car il n'y a pas encore de signal très net."