Des sangliers sèment le chaos dans une commune du Brabant wallon: "On est pratiquement à un accident par semaine"
La prolifération des sangliers commence à préoccuper sérieusement le bourgmestre après plusieurs accidents, pour l'instant sans blessé.
- Publié le 28-11-2023 à 12h05
- Mis à jour le 28-11-2023 à 12h06

Il y a quelques années, on relevait en Brabant wallon certaines traces de la présence de sangliers, alors que les "anciens" tenaient pour acquis que ces animaux vivaient plutôt au nord du sillon Sambre-et-Meuse. Les abords de la forêt de Meerdael étaient surtout concernés. On a commencé à en voir il y a trois ou quatre ans du côté de Genappe et Villers-la-Ville et les dégâts qu'ils faisaient aux cultures, aux terrains de golf et même à certains jardins de particuliers sont devenus assez évidents. Aujourd'hui, l'ampleur de ces dégâts s'accentue et les accidents de circulation impliquant des sangliers ne sont plus exceptionnels.
"On est pratiquement à un accident par semaine ces derniers temps, constate le bourgmestre villersois, Emmanuel Burton. Heureusement, sans blessé pour l'instant mais avec des véhicules qui se retrouvent en sinistre total. Cela se produit principalement sur la N93 entre Sart-Dames-Avelines et Baisy-Thy, mais il y en a eu aussi du côté de Marbais et de Rigenée."
En une seule soirée, dans un endroit favorable situé sur le territoire de Villers, des observateurs ont dénombré 27 bêtes, dont 13 marcassins. La reproduction va donc bon train, dans un biotope qui a priori n'était pas favorable aux sangliers par le passé. La plantation de haies, l'aménagement de corridors écologiques et diverses mesures agri-environnementales pour favoriser la biodiversité ont changé la donne.
Et à présent que les agriculteurs ont pris l'habitude de semer des couverts végétaux à la fin de la saison dans les champs, les sangliers sont au paradis: parmi les tournesols, les radis noirs, les moutardes et les choux, ils trouvent à la fois le gîte et le couvert. Sans craindre de prédateurs, et avec des hivers brabançons wallons bien plus cléments que dans les forêts ardennaises…
Résultat: de plus en plus de prairies retournées durant la nuit, de maïs couchés, de parcelles de céréales partiellement ravagées. Du côté de Genappe, des particuliers ont d'ailleurs commencé à installer des clôtures électriques pour protéger leur jardin.
Ces dégâts, à diverses conditions, peuvent être indemnisés par les titulaires du droit de chasse. L'idée est en effet que les chasseurs doivent se charger de réguler les populations mais l'exercice n'est pas évident. Les sangliers, en journée, restent invisibles. Et organiser des battues dans des zones proches d'habitats est compliqué…
"Il est temps de réguler cette population"
Le gouvernement wallon a récemment adopté de nouvelles règles assouplissant les conditions pour tirer ces sangliers. À Villers, on croise les doigts pour que cela soit efficace à terme. Avec ces accidents routiers qui se multiplient, cela devient un vrai souci. Et le bourgmestre n'ose pas penser à ce qui se passerait dans la campagne si des chiens accompagnant des promeneurs venaient à acculer dans un buisson une laie protégeant ses petits…
Le maïeur qui est aussi agriculteur, évoque encore la peste porcine africaine qui avait forcé les autorités, en Gaume, à clôturer les massifs forestiers et éliminer les sangliers. Controversée, la méthode avait fonctionné. En Brabant wallon, vu l'imbrication des zones d'habitat et des champs, il serait impossible de réagir de cette manière.
"À titre personnel, je ne suis pas du tout pour l'éradication, précise Emmanuel Burton. Pour l'instant, je pense que la situation peut encore être contrôlée mais mon sentiment est qu'on est à la limite. Il est temps de réguler cette population, j'espère que la nouvelle législation permettra de la faire. C'est devenu une question de sécurité des biens et des personnes."