#Balancetonbar : "Le monde politique ne nous a pas comprises" déplore Ufia, qui menace de mener des actions surprises
C'est fait, vendredi dernier, le Codeco a annoncé la réouverture des boites de nuit. L'Union féministe inclusive autogérée (Ufia) qui a coordonné les manifestations et la lutte autour du mouvement #Balancetonbar à l'automne dernier déplore le manque d'implication de la très grande majorité des bourgmestres bruxellois - seuls trois sur 19 ont répondu à leur lettre - mais aussi du monde de la nuit.
- Publié le 14-02-2022 à 07h31
- Mis à jour le 14-02-2022 à 09h43

Énième coup de pied dans la fourmilière pour les féministes réunies dans le collectif Ufia. Plusieurs mois après les dénonciations d'agressions sexuelles dans les bars bruxellois sous le hastag #balance ton bar, l'Union féministe inclusive autogérée (Ufia) déplore le fait que le réveil du monde politique est timide. Quant au conseil de la nuit, il ne satisfait pas l'Ufia qui déplore de mauvaises relations :"nous ne défendons pas les mêmes intérêts".
A quelques jours de la réouverture des discothèques - ce vendredi soir -, l'Ufia craint le retour du risque d'agressions sexuelles. Le collectif exige donc, toujours, des lieux plus surs. Pour ce faire, elle a rencontré différents élus bruxellois, à différents échelons de pouvoir, pour voir quelles étaient les mesures à prendre ces dernières semaines. Un résultat mi-figue, mi-raisin, pour les militantes. "Le monde politique en général ne nous a pas comprises. Certaines personnalités politiques, oui."
Des campagnes de sensibilisation et de formation à venir
À l'automne dernier, les féministes envoyaient une lettre aux 19 bourgmestres bruxellois. Seuls trois leur ont répondu, Christos Doulkeridis, Mariam El Hamidine et Olivier Deleuze, trois bourgmestres Écolo : le début d'une récupération ? "C'est une coïncidence. On a répondu aux invitations en réponse à la lettre. Mais ça fait peut-être partie des lignes directrices du parti", balaie l'Ufia qui regrette que d'autres partis, y compris les plus conservateurs, ne les aient pas contactées. "Certains bourgmestres n'ont même pas transféré la lettre aux échevins compétents. On parle pourtant de plus de la moitié de la population qui ne se sent pas en sécurité la nuit à Bruxelles." D'autres rendez-vous ont été pris avec les échevins écologistes compétents et Margaux De Ré (Écolo), présidente de la commission Égalité des chances à Bruxelles.
Des réunions ont également été organisées notamment avec la députée socialiste Leila Agic et le cabinet de Nawal Ben Hamou (PS), secrétaire d'État à l'Égalité des chances. Si les féministes déploraient avoir été contactées après le conseil de la nuit pour aborder la question, elles ont ensuite été admises au comité d'accompagnement et aux réunions de travail sur les campagnes de sensibilisation et de formation à venir, également avec le cabinet de Barbara Trachte (Ecolo), ministre-présidente de la Cocof.
Un appel à l'Horeca à prendre conscience de sa responsabilité
Outre la réception timide du monde politique aux sollicitations des féministes, le monde de la nuit ne se montre pas exemplaire non plus, et l'Ufia les appelle à se responsabiliser. "Quand il faut crier pour dire qu'on veut réouvrir, il y a du monde, mais quand il s'agit de mettre des choses en place pour la sécurité de la clientèle, on n'a pas vraiment de retour." L'Ufia sonne les cloches des tenanciers, et les appelle à prendre conscience de leur responsabilité dans le fléau des violences sexuelles d'abord, et à ne pas attendre les financements publics ensuite, ni à faire du "pinkwashing" avec des mesurettes gratuites.
"On compte sur eux pour que ça avance. Ça ne peut pas venir que de nous. Il faut qu'ils expriment leur volonté de nous rencontrer, de nous soumettre des plans d'action. Ils n'ont pas conscience qu'ils ont une responsabilité." Quitte à mener des actions surprises, mais sans trop en dire "on va devoir leur faire comprendre".