Trézegnies et l'immobilière promise

Transfuge, débauchage, marchandage, pressions... Au moment de la signature du pacte de majorité par le PS et le MR binchois, en octobre 2006, ces termes étaient bannis et honnis par les deux partenaires. Quoi qu'il en soit des débats sur la terminologie appropriée et l'analyse qui la sous-tend, Marie-Rose Trézegnies (MR), élue du groupe Union, avait bel et bien décidé de quitter ce cartel au lendemain des élections communales pour permettre à son parti de s'associer aux socialistes.

Franca Rossi

Transfuge, débauchage, marchandage, pressions... Au moment de la signature du pacte de majorité par le PS et le MR binchois, en octobre 2006, ces termes étaient bannis et honnis par les deux partenaires. Quoi qu'il en soit des débats sur la terminologie appropriée et l'analyse qui la sous-tend, Marie-Rose Trézegnies (MR), élue du groupe Union, avait bel et bien décidé de quitter ce cartel au lendemain des élections communales pour permettre à son parti de s'associer aux socialistes. Elle avait alors expliqué qu'Olivier Chastel, président de la fédération MR Hainaut, l'avait contactée et avait mené des négociations soutenues avec le PS. On connaît la suite : la majorité sortante Union était reléguée dans l'opposition, avec les tiraillements que ce revirement avait provoqués.

L'accord entre le PS et le MR prévoyait notamment d'attribuer la présidence des "Habitations sociales de Binche et environs" (aujourd'hui intégrée à l'ISSH) à Marie-Rose Trézegnies.

La concrétisation de cette décision, lundi soir, donne à nouveau lieu à des circonvolutions langagières, reliquat d'un accord éminemment stratégique. "A nos yeux, l'accord de majorité a été respecté, puisque la présidence des Habitations sociales pour Marie-Rose Trézegnies était clairement un des trois mandats importants attribués au MR. Il n'y avait rien de secret, donc" note le bourgmestre de Binche, Laurent Devin (PS). Il rejette le terme de "récompense" pour le geste politique de Marie-Rose Trézegnies une semaine après le scrutin. La voilà remerciée pour - grand - service rendu, qu'on rechigne à le formuler ou même à le concevoir ainsi.

Le PS a en tout cas tout mis en oeuvre pour atteindre l'objectif : il a confié à Marie-Rose Trézegnies un des trois mandats d'administrateur qui revenaient au PS binchois au sein de l'immobilière. Il fallait en effet un tremplin vers la présidence et le MR local n'avait droit à aucun siège sur base des résultats électoraux et de la répartition entre les partis politiques des quatre entités associées (Anderlues, Binche, Estinnes et Morlanwelz).

"Quand on m'a parlé de la présidence des Habitations sociales, j'ai éprouvé des craintes, après toutes les affaires qui avaient frappé le logement social, mais, aujourd'hui, je suis prête à remplir ma mission" explique la nouvelle présidente. "Il y a de grands projets, de construction et de remise en état de logements, je veux donc pouvoir maîtriser tous les rouages et me former en conséquence" ajoute-t-elle. "Je serai dans le secteur social et c'est très important pour moi, de pouvoir aider des personnes en difficulté. Et puis, un membre de la famille libérale à la tête de la société de logements, ça ne doit plus être arrivé depuis longtemps, c'est même un changement historique, à mon avis !"

Marie-Rose Trézegnies relève donc du quota du PS binchois au sein du conseil d'administration mais elle revendique son identité politique : "Je suis libérale et je le resterai. Je conserve mes convictions. Ce qui importe, c'est de pouvoir travailler ensemble". La présidente de l'ISSH prône le travail en équipe, en concertation avec le nouveau directeur, Michel Durieux et le commissaire spécial du gouvernement wallon, Stéphane Dierick, dont la mission a été prolongée jusqu'à la fin du mois de septembre.

© La Libre Belgique 2007

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