Entre Sambre et Haine, passé et futur

Certaines sociétés de logement de service public (SLSP) ont connu en 2005 et 2006 une période tourmentée, au rythme des audits et mesures plus ou moins drastiques, jusqu'à l'envoi d'un commissaire spécial du gouvernement wallon.

Franca Rossi

Certaines sociétés de logement de service public (SLSP) ont connu en 2005 et 2006 une période tourmentée, au rythme des audits et mesures plus ou moins drastiques, jusqu'à l'envoi d'un commissaire spécial du gouvernement wallon. Aux Habitations sociales de Binche et environs, Stéphane Dierick a ainsi dû gérer l'état de crise et, parallèlement, préparer la fusion de la société avec les deux autres de l'entité (Péronnes et Leval) et celle de Morlanwelz, pour créer une immobilière sociale qui couvre donc désormais Anderlues, Binche, Estinnes et Morlanwelz.

Après la consolidation de cette fusion, en décembre 2006, en une Immobilière Sociale entre Sambre et Haine (ISSH), il a été procédé au recrutement d'un directeur-gérant selon les modalités définies par le nouvel arrêté qui fixe la procédure d'engagement.

Michel Durieux, journaliste à la RTBF durant 15 ans, expert auprès de la Région wallonne pour la réforme des intercommunales et le Code du Logement, est entré en fonction le 2 mai dernier. "Dès mon arrivée, M. Dierick et moi-même avons travaillé sans relâche, sur tous les dossiers et nous avons aussi veillé à consolider un organigramme cohérent", explique-t-il.

L'ISSH est structurée en quatre départements - administratif, financier, technique et développement - dans lesquels le personnel des sociétés avant fusion a été intégré, excepté pour un employé, licencié.

Pour le pôle financier, l'immobilière a procédé à deux recrutements, "qui s'inscrivent dans une volonté de renforcer ce département très important, indissociable de la fonction de directeur-gérant", note Stéphane Dierick.

Les deux hommes ont travaillé ferme depuis trois mois, également sur la concrétisation du programme exceptionnel d'investissement (PEI). Les chantiers à venir de l'ISSH sont détaillés sur des fiches très professionnelles et instructives, sur les budgets alloués, le nombre de maisons concernées, la planification, etc.

Dès cette année, l'immobilière a programmé des travaux d'urgence et de sécurisation à Binche (essentiellement dans la Cité Jardin), d'un montant de 400000 euros. Pour 2008 et 2009, dans le cadre du programme exceptionnel d'investissement (PEI), 8 millions seront consacrés à la rénovation de 371 logements de l'ancienne société de logements "Habitations sociales de Binche et environs", principalement une mise en conformité électrique et le remplacement de toitures.

Morlanwelz et Péronnes disposent aussi de leur PEI, qui concerne respectivement 128 et 65 habitations, soit un montant de 2,840 millions d'euros pour la première citée et 1,174 million pour la seconde.

Consolidation ardue

L'ISSH présente une trésorerie de 625000 euros à la clôture des comptes 2006, élément positif de la fusion, puisqu'auparavant, le Foyer Familial de Morlanwelz et le Foyer Péronnais étaient en déficit. Seuls les Habitations Sociales de Binche et le Foyer Levallois disposaient d'une situation bilantaire saine. "Dans le programme exceptionnel d'investissement (PEI), le Foyer Familial de Morlanwelz accuse un dépassement de 33 pc du montant des subsides et de 150 pc pour un projet de construction d'appartements. Une solution est en cours", note Stéphane Dierick.

Au terme du premier semestre, l'immobilière dresse un bilan encourageant en termes de prises d'initiative pour résoudre les problèmes et construire l'avenir du logement social. Et Michel Durieux lance une réflexion de fond : "Il faudrait revoir les plafonds de revenus pour les loyers dans le logement moyen, car les ménages à revenus moyens n'y ont plus accès", insiste-t-il. "Le loyer d'équilibre tourne autour de 200 euros, or le loyer moyen dans le secteur est de 182 euros par logement. Nous avons même un exemple de nouveaux appartements sociaux où le loyer est de 157 euros charges comprises !"

La hausse des plafonds de revenus pour accéder au logement moyen permettrait à ses yeux de créer une concurrence saine et plus équitable par rapport au privé et favoriserait la mixité du logement. "Ces ménages pourraient envisager d'acheter et le secteur public disposerait lui de plus de moyens pour faire face à ses besoins tout en réservant une attention particulière aux demandes des personnes précarisées", ajoute Stéphane Dierick.

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