Les PFAS crèvent le plafond à l'aéroport BSCA de Charleroi : la concentration suscite l'inquiétude politique
Plus de 720 nanogrammes de ces "polluants éternels" ont été retrouvés dans la station d'épuration de Brussels South Charleroi Airport. C'est 24 fois plus haut que le "seuil de vigilance".
- Publié le 21-11-2023 à 18h18

Peut-on consommer l'eau potable distribuée à Charleroi ? L'inquiétude suscitée par la mise à jour de foyers de pollution de PFAS en Wallonie (dans le cadre de l'émission Investigation de nos confrères de la RTBF) a amené les conseillers PS Maxime Felon et PTB Germain Mugemangango à interpeller le collège sur les concentrations de ces substances chimiques à l'échelle de la commune. Et à exiger la totale transparence.
Sur son site internet, la ville de Charleroi se montre en effet rassurante. Comme l'a expliqué l'échevin Xavier Desgain en charge des Bâtiments et de la Transition Écologique, "les données d'analyses de la qualité de l'eau partagées par la SWDE indiquent des valeurs nettement inférieures au seuil de vigilance de 30 nanogrammes de PFAS, et à la norme de 100 qu'imposera l'Europe à l'horizon 2026. Ces valeurs se situent en effet dans une fourchette de 2 à 8 nanogrammes."
En marge de ces données, il y a aussi cette bombe que constitue un rapport d'analyse de la qualité de l'eau à la station d'épuration de l'aéroport de Charleroi. Les tests y ont révélé la présence de PFAS dans une quantité affolante, de plus de 720 nanogrammes, comme l'a souligné Germain Mugemangango. Si BSCA affirme ignorer la source de cette contamination, rien n'a encore été fait pour en identifier l'origine, probablement industrielle. Et c'est bien ce qui le stupéfie, alors que la santé publique est en jeu.
Desgain s'y est engagé : lors de la réunion d'information préalable à l'introduction d'une demande de renouvellement du permis d'exploiter de l'aéroport (réunion convoquée ce 12 décembre), il sera imposé à BSCA d'approfondir l'étude sur la présence des PFAS. Trop tard ? C'est l'avis du PTB, pour qui la levée de cette menace potentielle doit être mise aux urgences. "La Ville n'agit pas assez vite, alors que l'on ne connait aujourd'hui les résultats que des analyses de 27 % des captages qui alimentent le réseau." Pour le PTB, "la communication de Charleroi manque de transparence. Car la ville ne peut affirmer que tout va bien sur base de données aussi partielles."