Organisation, coureurs, tests: tout savoir sur la première course belge post-coronavirus
La première épreuve officielle pro belge depuis le début de la crise sanitaire se tiendra dimanche dans le Brabant flamand.
- Publié le 04-07-2020 à 07h17

La première épreuve officielle pro belge depuis le début de la crise sanitaire se tiendra dimanche dans le Brabant flamand.
On va pouvoir prétendre à intégrer le Guinness Book des records pour le titre de la course cycliste la plus rapidement mise sur pied…" Marc Verbeeck a le sourire aussi franc que son sens de la formule. Fils de l'ancien pro Frans Verbeeck (champion de Belgique 1973, double vainqueur du Volk…), le patron de l'équipementier sportif Vermarc est aussi l'organisateur de la première course cycliste pro belge depuis le début de la crise sanitaire. Au lendemain de l'épreuve d'entraînement de Wortegem-Petegem, créée par la maman du champion de Belgique Tim Merlier ce samedi, se tiendra donc le tout premier Grand Prix Vermarc à Rotselaar (Brabant flamand) sous le label de Course Élite Nationale au calendrier belge.
Une organisation bouclée en un mois
Refroidis par l'austérité des premières semaines du confinement, plusieurs organisateurs de courses initialement programmées en juillet avaient décidé d'annuler leur épreuve avant que les directives des autorités n'en interdisent formellement la tenue. Lorsque le Conseil National de Sécurité laissa la porte ouverte à la tenue d'événements sportifs dès le 1er juillet, le calendrier national se retrouva alors désespérément vide, l'UCI ayant déplacé les épreuves internationales au-delà du 1er août. "Mais l'enthousiasme de notre organisation et celui des bourgmestres de Rotselaar, d'Aarschot et de Holsbeek, les trois communes que nous traversons, a permis de mettre cette épreuve sur pied en un peu moins d'un mois," se félicite Jos Smets, le bras droit de Marc Verbeeck sur ce projet et par ailleurs directeur général de la fédération belge.
Un plateau très noir-jaune-rouge
Les 23 formations au départ de cette kermesse pro battent toutes pavillon belge. De nos deux structures WorldTour (Deceuninck-Quick Step avec Jakobsen, Devenyns ou Keisse et Lotto-Soudal avec Degenkolb, Mertz, Wallays ou Wallays) aux équipes de club (CC Chevigny par exemple) en passant par toutes les continentales, le plateau sera très noir-jaune-rouge. Une liste de 168 engagés que viendront compléter certains coureurs engagés comme "individuel", parmi lesquels Victor Campenaerts. "Nous avons reçu de nombreuses sollicitations d'équipes étrangères, surtout néerlandaises, mais avons volontairement choisi de privilégier nos équipes et nos coureurs", commente encore l'organisation.
Une patrouille Covid-19
Pour veiller à la mise en pratique des mesures (lire plus loin) édictées par les autorités fédérales et Cycling Vlaanderen (l'aile flamande de la fédération), une patrouille coronavirus a été mise sur pied. "Deux coordinateurs, l'un désigné par l'organisateur et l'autre par la fédération, sont en charge de cette thématique, poursuit Jos Smets. Nous avons, par ailleurs, recruté 20 stewards supplémentaires qui contrôleront le respect de la distanciation sociale au sein d'un public qui reste le bienvenu mais qui devra porter un masque. Si trop de gens devaient par exemple se rassembler en un même point du circuit local de 15,4 km (NdlR : qui comprend deux belles bosses et sur lequel le vent pourrait jouer un rôle important) que les coureurs devront parcourir à dix reprises, nous réagirions en interdisant ensuite l'accès à d'autres spectateurs."
Un parking grillagé, une zone mixte, des masques…
Les zones de départ et d'arrivée seront interdites au public. Pour protéger au mieux les coureurs et minimiser les mises en contact, le parking à la disposition des équipes sera ainsi totalement grillagé. Les cyclistes seront uniquement à la disposition des 60 journalistes accrédités (un record pour une kermesse !) dans une zone mixte précisément définie et plus au pied du podium signatures puisque cette opération protocolaire est annulée, comme la cérémonie d'arrivée qui se résumera en une séance photo. À l'exception des coureurs, le port du masque sera obligatoire pour tout le monde, des organisateurs aux officiels en passant par le personnel des différentes équipes.
Pas de tests demandés aux coureurs
Si certaines équipes ont, d'initiative, organisé des tests au coronavirus en interne, les coureurs ne seront pas tenus de présenter un résultat négatif à un tel contrôle avant de prendre le départ du GP Vermarc ce dimanche. Une politique qui tranche avec ce qui est de mise dans les autres disciplines sportives (football, sport automobile…)
Un budget de 20 000 euros et du matériel de Rock Werchter
Le choix de la date du 5 juillet pour la tenue de ce GP Vermarc n'est pas un hasard. "Le festival rock de Werchter aurait normalement dû se tenir ce week-end, poursuit Jos Smets. La tenue de notre course à cette date nous a permis de profiter de la disponibilité d'un grand nombre de bénévoles de la région ainsi que de matériel normalement alloué à l'événement musical. Nous nous appuyons sur un buget de 20 000 € qui n'a pas été gonflé par les mesures Covid car les autorités communales nous mettent à disposition gratuitement l'essentiel de l'équipement nécessaire et que nous nous appuyons sur de nombreux volontaires. Sans cela, ce n'était pas la même chanson…"
Victime du coronavirus en mars, le coureur de chez EF Education First se réjouit de retrouver la compétition ce dimanche.
De retour d'un stage de deux semaines au Luxembourg où il a goûté avec délice à la douceur de l'asphalte grand-ducal, Jens Keukeleire épinglera un dossard sur son maillot ce dimanche pour la première fois depuis le… 1er mars et Kuurne-Bruxelles-Kuurne.
"Une éternité !, sourit le coureur de chez EF Education First. Contrairement à bon nombre de mes collègues, je ne m'alignerai pas sur le GP Vermarc, mais bien sûr la course d'entraînement d'Outrijve, plus proche de mon domicile. Nous, coureurs belges, sommes des privilégiés de pouvoir retrouver la compétition un mois avant la reprise internationale. Cela va nous permettre de travailler le rythme et la vitesse, un avantage certain dans la perspective de la seconde partie de cette saison hors-norme."
Victime du coronavirus dans la foulée du week-end d'ouverture belge, le Brugeois s'efforce de ne pas basculer dans la paranoïa à l'aube de cette reprise.
"J'ai fait de la fièvre pendant près de dix jours et je me suis senti diminué pendant de longues semaines. Si les classiques n'avaient pas été reportées par la faute de la crise sanitaire, j'aurais dû faire une croix sur la période la plus importante de la saison pour moi. Je suis donc devenu encore plus attentif aux mesures d'hygiène qui permettent d'éviter les contaminations, mais je tente de ne pas basculer dans l'excès et de ne pas devenir trop parano… Cela aurait sans doute été intéressant de demander à chaque coureur de réaliser un test en amont de ces courses en Belgique, mais c'est ainsi. Il faut que la vie reprenne. Je ne tremble pas à l'idée d'évoluer en peloton…"