Alfred Schreuder à Anderlecht : corriger sans oublier l'ADN
Anderlecht finalise ses négociations avec Alfred Schreuder. L'ancien coach du Club Bruges est en passe de signer.
- Publié le 14-02-2026 à 12h40

Jérémy Taravel T1. Le match de ce jeudi a donné des envies d'en voir plus de la part du coach intérimaire mais ce n'est pas dans les plans de la direction. Qui a choisi de jeter son dévolu sur un profil plus expérimenté : Alfred Schreuder.
La venue du technicien néerlandais (53 ans) n'est pas encore officielle mais devrait être validée sous peu. Il ne sera pas encore sur le banc dimanche face à la RAAL. L'occasion sera donnée au staff de dépanneurs de prouver que l'exploit de l'Antwerp n'était pas un hasard et qu'il faudra compter avec eux pour l'avenir du club. L'ambition de l'adjoint de 38 ans est en tout cas de rester au club et d'y grandir.
Le présent va s'écrire avec Alfred Schreuder. Anderlecht finalise le deal. Il ne saurait tarder à être conclu. L'ancien Brugeois a convaincu la direction pour plusieurs raisons. Explications.
1 Pour régler rapidement les soucis
L'urgence est au redressement. Anderlecht doit relever la barre et n'a pas le temps de commencer à traîner et à parler d'un projet à long terme ou d'une saison de transition. La qualification pour la finale de la Coupe met un peu de baume au cœur mais le club ne peut pas se contenter de tout miser sur le 14 mai.
Les améliorations réclamées à court terme sont: la gestion dans le rectangle défensif, la confiance globale et l'animation offensive.
La priorité est d'assurer l'Europe la saison prochaine. Même si c'est en Conference League. Et pour maximiser ses chances, Anderlecht doit se qualifier pour les playoffs 1. Des points de correction ont été pointés du doigt. La direction considère Schreuder capable de trouver des solutions. Les améliorations réclamées à court terme concernent la gestion dans le rectangle défensif, la confiance globale et l'animation offensive.
2 Pour ne pas perdre de vue l'ADN
Anderlecht ne souhaitait pas prendre un coach pour du court terme. Des profils de pompiers de service ont été proposés. La direction les a à peine analysés. Il n'était pas question de signer un entraîneur pour obtenir des résultats sans la manière.
L'arrivée de Besnik Hasi en fin de saison passée a généré l'envie de se départir de ce genre de schéma : un technicien qui redresse l'équipe, qui est confirmé dans sa fonction et qui n'est finalement pas le bon. C'est une grande perte de temps pour un club dont la pérennité est une priorité.
Parmi les candidats rencontrés, on retrouve une constante : l'envie de proposer du football qui colle aux habitudes de la maison. Thorsten Fink a toujours fait jouer ses équipes avec l'envie de marquer plus que son adversaire. Maarten Martens connaît le football du RSCA. Schreuder n'a pas été à la tête du Club Bruges le plus séduisant des dernières années mais a toujours eu la volonté de jouer en allant de l'avant. Il n'a pas été recruté par l'Ajax pour rien même si son aventure ajacide a été un échec. Mais était-ce à 100 % de sa faute ? Le club d'Amsterdam est un cimetière à entraîneur depuis le départ d'Erik ten Hag.
3 Car les autres ne voulaient pas ou qu'Anderlecht a refusé
Jon Dahl Tomasson a dit non parce qu'il sentait que le Sporting ne pouvait pas faire de folies financières. Il était en compétition avec Schreuder et le Danois avait repris la main dans la liste des priorités. Les Mauves ne se sont pas contentés d'une seule piste.
Ils ont dressé une liste à l'aide de critères pragmatiques. Autant au niveau du football proposé que de la disponibilité. Les entretiens ont révélé des dissensions qui ont engendré des choix. La piste Thorsten Fink était réelle mais les deux parties ont préféré ne pas donner suite.
Pour Paul Simonis, le club affirme qu'il a préféré ne pas aller plus loin dans les discussions. Le coach néerlandais, quant à lui, prétend qu'il a préféré ne pas tenter l'aventure dans un club instable. Son profil ne cochait de toute façon pas autant de cases que celui de Schreuder.
4 Parce qu'il a envie de revenir
Le recrutement du T1 batave ne sera pas gratuit. Même si Al-Diraiyah FC, son club de D2 saoudienne, n'est visiblement pas le plus gourmand au niveau de l'indemnité de départ de son entraîneur, Anderlecht devra mettre la main à la poche. Schreuder y a encore un contrat de trois mois.
Le coach, lui, n'attend pas les mêmes émoluments que ceux qu'il a gagnés ces dernières années. Il a quitté l'Europe à l'été 2023 – il a travaillé pour deux clubs aux Émirats avant de signer en Arabie saoudite – et souhaite retrouver un championnat de meilleur niveau plus proche de sa famille. Cette double motivation était importante aux yeux du RSCA.
Qu'il connaisse la Pro League (21 matchs à Bruges) est un atout que Tomasson et Simonis n'avaient pas dans leur jeu.
Les autres profils sondés sont tous conscients des spécificités de notre compétition. Schreuder ne l'a connu que cinq mois avec le Club Bruges mais l'a très vite cernée. Son expérience avec un titre de champion de Belgique à la clé en 2022 lui confère un avantage non négligeable : il connaît le système des playoffs et sait ce qu'il faut pour gagner un trophée.